Ansignan


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Description

Ansignan aurait pu être un village sans âme, sans particularité si les romains n'avaient pas fait preuve de leur génie en construction. Grâce à ça il a conservé ses habitants et a pu se développer doucement. Il faut dire aussi qu'il est assez proche de St Paul de Fenouillet, première grande ville. L'impression générale qui se dégage d'Ansignan est agréable. Une longue route avec des maisons de parts et d'autres, ça n'est jamais très bien pour un village, mais il a su écarter les maisons du bas côté et des jardins ont fleuris par-ci par-là, le rendant plus gai. De plus les nouvelles maisons ont été construites un peu en hauteur sur la colline, ce qui diminue l'étirement du village en favorisant une structure générale plus compacte, donc plus humaine.

Ansignan

Ansignan

De façon certaine, il ne faut pas passer à Ansignan sans aller voir le fantastique pont-aqueduc romain. Il s'agit d'un édifice permettant de franchir la Désix, la rivière qui coule aux pieds du village par un pont voûté au dessus duquel coule un ruisseau canalisé. En clair, lorsque vous traversez le pont, vous avez l'eau au-dessus de vous !

Mis à part ça, vous pourrez monter sur la colline pour voir le dolmen que possède le village, le dolmen de la Rouyre.

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Informations

Latitude : 42.76053332 N,

Longitude : 2.516285482 E

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Situation et accès

Ansignan se trouve au centre du Fenouillèdes, au bout du lac de Caramany. La ville se trouve à la jonction de trois routes. L'une monte vers le Nord en direction de St-Paul-de-Fenouillet, l'autre vers le Sud vers Pézilla-de-Conflent et la troisième vers l'Est le long du lac, elle mène soit à Caramany, soit à Rasiguères.

Le chemin le plus simple pour se rendre à Ansignan consiste à suivre, au départ de Perpignan, la départementale D117 en direction de Foix et de la quitter à St-Paul-de-Fenouillet, le chemin est indiqué. Au départ de Perpignan, la route de Foix se prend du côté de l'aéroport, à partir de la route de Narbonne. Pour ceux qui arrive de l'autoroute, il faut sortir à Perpignan-Nord.

Carte IGN

Patrimoine

Petite ville, Ansignan est quand même très connu pour son pont-aqueduc romain passant au-dessus de la Désix. Il se trouve à gauche en entrant dans la ville, à 200m à pied. Il y a aussi le dolmen de La Rouyre, datant de la fin du IIe millénaire. Le Moyen-âge nous a laissé les vestiges du village initial en la présence de l'église St Nazaire et St Celse, au confluent de l'Agly et de la Désix. Ce village a été abandonné à cause des crues des rivières, et une autre église, centre du village, à été construite plus en hauteur. C'est cette église qui est aussi intéressante à voir.

Histoire

Tout comme l'ensemble du Fenouillèdes, Ansignan fait plus partie du Languedoc que du Roussillon. La première mention du village remonte à l'année 1012, mais on sait de source sûre que le lieu était habité depuis l'époque mégalithique puisqu'il existe un dolmen au lieu-dit "La Rouyre", probablement érigé entre -2200 et -1800.

Après l'ère mégalithique, les celtes, puis les romains vinrent occuper les lieux. Les vallées du Fenouillèdes étaient la situation idéale pour s'installer parce que le relief est assez peu marqué, que la plaine est proche (la plaine, elle, était en grande partie insalubre) et que la végétation permettait de fournir de la nourriture (abri à gibier et cueillette possible). C'est pourquoi la région fut largement romanisée.

L'aqueduc d'Ansignan

L'aqueduc d'Ansignan

Ils créèrent le premier village d'Ansignan, au départ un domaine agricole donné à un certain Ansius, d'où le nom d'Ansignan. De génération en génération d'autres familles vinrent s'y installer, et ce fut l'essor du village. Ce lieu devait avoir une certaine importance car ils bâtirent ce qui fait la fierté du village aujourd'hui, le fameux pont-aqueduc long de 170 mètres qui traverse l'Agly. D'ailleurs d'autres restes de cette époque apparaissent régulièrement, comme par exemple ces pièces datées de 46 av. JC retirées de terre. Le pont, lui, date du IIIe siècle après JC. La particularité de cet ouvrage est qu'il est construit en 2 niveaux : sur la partie supérieure c'est un aqueduc, l'eau traverse l'Agly à 15m de hauteur, et sur la partie inférieure c'est un pont-tunnel pour les personnes à pieds. Voyez en détail cet ouvrage romain en consultant la page qui lui est consacrée : Le pont-aqueduc romain.

Après la chute de l'Empire romain, les wisigoths envahirent le Fenouillèdes. Maître de toute l'Espagne, de l'Aquitaine et de la Septimanie, ils étendirent leur pouvoir de 412 à 739. Nous n'avons pas de trace à leur passage à Ansignan, ni d'ailleurs de celles des sarrasins qui occupèrent le lieu de 739 à 811. Mais pour eux, c'est plus normal car ils n'occupaient pas vraiment ce territoire, ils en ont juste chassés les occupants.

En 811 Charlemagne, à la tête d'une armée, défait définitivement les sarrasins repoussés au Sud de Barcelone. Les nouvelles terres conquises sont transformées en comtés (Ansignan dépendait du comté de Bésalù) Les pionniers francs commencèrent à arriver du Nord de la France pour repeupler la région vide, chacun choisissant une portion de territoire où s'installer. C'est ainsi qu'apparut le village primitif de celui que l'on connaît aujourd'hui, qui se trouvait non loin de l'actuel village, exactement au confluent de l'Agly et de la Désix. Là-bas se trouvent les vestiges d'une église antique. Cette église était dédiée à St Nazaire et St Celse, elle est aujourd'hui envahie d'herbes et noyée dans la végétation. En l'observant de plus près on constate qu'elle possède les caractéristiques des églises pré-romanes, avec en particulier un chœur quadrangulaire, ce qui situe sa construction autour des IXe et Xe siècle, soit peu après l'arrivée des premiers carolingiens.

Il est très facile d'imaginer que cet embryon de village, soumis aux crues de la Désix, fut abandonné à une époque que l'on ignore, probablement tardivement. L'église actuelle, de style baroque, date du XVIe siècle. Elle est également consacrée à Saint Nazaire et Saint Celse, mais elle est située bien à l'abri de la rivière, au sommet de la falaise.

Par la suite l'histoire d'Ansignan est marquée par la séparation entre l'Aragon et la France (1258), qui donne le Fenouillèdes à la France. La frontière était surveillée par une série de forteresses (Quéribus, Peyrepertuse, etc. du côté français, Força-Réal, Salvetarra, etc. du côté aragonais) Le territoire d'Ansignan est alors dangereux car il est non loin de la frontière.

Puis apparurent les templiers. Installé au Mas Deu, près de Trouillas, ils étendirent rapidement leur domaine foncier dans toute la région, et en particulier dans le Fenouillèdes. Ces religieux étaient, en Roussillon, essentiellement des agriculteurs qui cultivaient la terre pour nourrir la grande quantité de moines dont ils disposaient, mais aussi pour assoir leurs puissances : Qui possédait la nourriture possédait les hommes. Ansignan n'a jamais été directement sous la coupe des templiers, mais certaines terres leurs appartenaient, par-ci par-là.

A partir du XIXe siècle le village d'Ansignan commença à perdre des habitants, c'était l'exode rural, qui a concentré la population dans les villes. Heureusement qu'il s'agissait d'un village assez important, ainsi il a pu survivre malgré la perte de population. Ce n'a pas été toujours le cas, certains villages ont carrément disparu à cette occasion.

Etymologie

L'origine du nom d'Ansignan est controversée. La proposition la plus plausible indique qu'il s'agirait d'un dérivatif du nom de domaine du propriétaire romain Ansius et dont le nom, après de multiples transformations, aurait donné le nom de ce village (fixé définitivement au XVIIIe siècle).

Héraldique

Description du blason d'Ansignan

Expression héraldique

De gueules à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d' or, à l'aqueduc en comble d' argent de neuf arches de sable.

Description

La situation géographique d'Ansignan n'est pas étrangère à la description de son blason. En effet, Ansignan est en plein Fenouillèdes, en Languedoc. C'est la seule partie du département des Pyrénées-Orientales qui n'est pas catalane. C'est la raison pour laquelle le blason d'Ansignan montre une croix languedocienne ("Croix cléchée"). L'expression "de gueule" mis en début de la description indique la couleur générale du blason : Rouge. La croix "cléchée" est "vidée" (Il n'y a que le contour) et "pommetée" (chaque angle a une décoration) de 12 pièces d'or (l'or, c'est la couleur jaune). "En comble" signifie "en en-tête", généralement on dit "en chef". "L'argent", c'est la couleur blanche et le "sable", c'est le beige.

Explications

Certains villages du Fenouillèdes comme Ansignan conservent une trace de leur attachement historique au Languedoc, voire à la France, à travers le blason (Fleur de lys ou croix languedocienne). Ansignan ayant un pont-aqueduc romain remarquable, il était normal qu'il soit également représenté, d'où les arcades noires sur la partie haute. Certaines représentations ajoutent au sommet du blason les mots "Centre du Fenouillèdes". Il faut dire que géographiquement, c'est pas faux.

Le blason sculpté dans une grille

Le blason sculpté dans une grille



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