Argelès-sur-mer




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Description

Argelès-sur-Mer est une ville côtière ayant développé l'une des trois grandes stations balnéaires du Roussillon avec Canet-en-Roussillon et Le Barcarès. Il faut donc distinguer la ville d'Argelès, situé à 2 Kms de la plage, de sa station balnéaire, située, elle, en front de mer. Une route relie les deux et bien sûr de nos jours l'extension de la ville fait que les deux parties de l'agglomération se sont rejointes. Donc sur la carte, on ne voit qu'une seule ville mais il y a bien deux villes distinctes administrativement jointes.

Vue générale d'Argelès-sur-Mer

Vue générale d'Argelès-sur-Mer

En savoir plus sur la station balnéaire d'Argelès.


Argelès est une ville importante, très étendue. Le centre-ville lui-même est grand, indiquant qu'elle avait de l'importance durant les siècles passées. Et effectivement, son passé est riche (il s'agissait d'une ville royale), et donc dès le XIVe siècle Argelès n'a fait que croître. La ville est centrée autour de son église Notre-Dame-del-Prat, ses rues sont étroites et fraîches l'été. Il existe encore de nos des vestiges des fortifications.

Les maisons sont assez classiques mais plutôt bien entretenues, les crépis sont refaits régulièrement, et il y a de nombreux éléments décoratifs aussi bien publics que privés, les habitants entretenant leurs maisons. Les quelques avenues sont parfaitement rectilignes, mais plutôt que de donner une impression de monotonie comme c'est le cas parfois, ici tout paraît proche, et c'est la ville entière qui est restée à taille humaine. Les commerces sont nombreux, et pas seulement les commerces touristiques. Il faut savoir qu'Argelès accueille une très grande zone industrielle que l'on voit au Nord de la ville, le long de la nationale, ce qui dynamise l'activité économique et permet à la ville d'organiser les animations estivales. A moins que ce ne soit l'inverse...

Signalons enfin que la ville est reliée à la station balnéaire par une simple route particulièrement encombrée l'été (laissez tomber la voiture, c'est un conseil) et qu'elle détient le record du nombre de places de camping en France. C'est dire l'attrait d'Argelès l'été !

Photos


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Informations

Latitude : 42.54709517 N,

Longitude : 3.022599071 E

Photos

Situation et accès

Argelès-sur-Mer est au Sud de la côte radieuse, cette longue bande de sable plus ou moins fin en fonction de la zone où l'on est. Là, on parle de la ville d'Argelès, dont le centre est à 2kms à peine de la plage. D'ailleurs la ville s'est étendu et la zone balnéaire touche à présent la ville, même si la limite est encore bien marquée.

Au départ de Perpignan il faut prendre la départementale D914 en direction... d'Argelès, puisque c'est la grande ville-destination de cette direction. A Perpignan, il faut aller du côté du boulevard Kennedy pour prendre cette route. Vous pouvez aussi aller à Argelès par le Sud, en venant de l'Espagne par la route des crêtes. Reste encore la RD618, venant du Boulou, une route bien connue des estivants car elle mène à l'Autoroute. D'ailleurs, en venant de l'Autoroute, soit vous sortez au Boulou, c'est le plus court, soit à Perpignan Sud. Il y a bien sûr tout un tas d'autres routes pour aller à Argelès, plus petites.

Carte IGN

Patrimoine

Notre Dame del Prats

Notre Dame del Prats

Le patrimoine d'Argelès est assez riche. Il se compose essentiellement de l'église paroissiale, nommée Notre Dame Del Prat, ainsi que de l'ermitage Notre Dame de Vie, hypothétiquement le siège d'une ancienne paroisse. A voir également à proximité de cet ermitage, l'intéressante chapelle préromane, datant du Xe siècle est dédiée à St Jérôme.

L'abbaye de Valbonne se trouve dans les collines, sur les hauteurs d'Argelès. Il s'agit d'une fondation cistercienne de 1242, la plus tardive des trois fondations de cet ordre en Catalogne Nord après Ste Marie de Jau (1162) et le monastère d'Eula, au Soler (1173) Aujourd'hui elle est à moitié ruinée, il ne reste que la nef. Citons aussi la chapelle de la Pave, la chapelle St Laurent, et dans le domaine militaire le château de Pujol et la tour de la Massane.

Enfin, le patrimoine civil est composé du célèbre château de Valmy, de quelques fontaines, de l'imposant bâtiment de la mairie, ainsi que sur quelques maisons anciennes. Reste dans la campagne alentours, les deux dolmens nommés Collet de Cotlioure et Cova de l'Alarb qui prouvent le passé très ancien du site sur lequel se trouve Argelès.

Château de Valmy

Château de Valmy

Histoire

Préhistoire

Cova de l'Alarb

Cova de l'Alarb

La préhistoire à Argelès sur mer se présente pendant le néolithique, plus précisément l'époque mégalithique. Deux dolmens se trouvent sur le territoire de la commune : le Collet de Cotlioure et le dolmen dit de la Cova del Alarb. Ils ont tous les deux été classé monuments historiques le 3 novembre 1958.


Premières mentions du village

On trouve la première mention d'Argelès en 981 sur un document indiquant que la ville appartient à l'abbaye de Saint Génis des fontaines et qu'il s'agissait par ailleurs de l'extrême limite des possessions de cette abbaye (et pour cause, plus loin c'est la mer ...) Ce document mentionne déjà la présence d'une place forte appartenant comme tout le reste du Roussillon au descendant du comte Guifred le Velu.

Jusqu'en 1258, date du traité de Corbeil fixant une frontière entre la France et le royaume d'Aragon, il n'y a pas de traces d'Argelès. Bien que la frontière, placée bien plus au Nord (à Bélesta) n'ai pas eu de répercussion sur la vie quotidienne, le fait de changer officiellement de pouvoir dirigeant a structuré la vie des villages.

Ainsi apparut durant le XIIIe siècle une maison de l'Ordre du Temple, dont le précepteur était un certain Borrellus en 1273. Ces maisons étaient très fréquentes dans les villes, certaines avaient tellement d'importance qu'elles dirigeaient la ville elle-même.


Prise de la ville par Pierre IV d'Aragon

En 1276 le roi d'Aragon Jacques le Conquérant décède en séparant son royaume en deux : l'aîné prend sa succession tandis que le cadet reçoit le royaume de Majorque. Dès le début de la séparation ils s'opposent, l'aîné ne reconnaissant pas la séparation des terres. Mais ils furent bien obligé de cohabiter le temps de trouver un accord, accord signé en 1279. 19 ans plus tard, en 1298, que ce traité fut renouvelé à Argelès.

Jusqu'en 1344, année de reconquête militaire du royaume de Majorque par l'Aragon, les deux monarques se livrèrent des batailles régulières. Or Argelès se trouvent à la frontière. C'est donc tout naturellement que la population vécut ses années fastes pour Perpignan dans la crainte. 1343, Pierre IV d'Aragon attaque le royaume de Majorque. Ses troupes traversent les Pyrénées, prennent tour à tour Banyuls, Collioure et font le siège devant tout d'abord la Tour de Pujol, une tour mentionnée dès 1145 qui a appartenu tout d'abord à Bérenger de Llupia (comte de Taxo), puis à Gérard de Roussillon (en 1166) qui l'a légué avec ses immenses terres au roi de Majorque.

Cette tour voit arriver l'armée de Pierre IV d'Aragon le 2 juin 1343. L'assaut est donné, mais Pujols se défend bien. Repoussé, les assaillants se retirent. Le lendemain ils attaquent la ville d'Argelès, mais là encore les habitants, aidés par une troupe de mercenaires génois parviennent à les repousser. Un siège s'établit autour des murailles de la ville. Il réussi à faire ouvrir les portes trois jours plus tard. Le 6 juin 1343, la ville est conquise par Pierre IV d'Aragon.


Occupation française

Le 9 mai 1462 le roi d'Aragon Jean II, possesseur du Roussillon signe un traité d'alliance avec le roi de France Louis XI dans le but de mater la révolte perpétuelle des catalans de Barcelone. L'armée de roi de France perd la bataille le 3 octobre 1462 et envahi le Roussillon en guise de représailles contre le roi d'Aragon. Argelès est de nouveau occupé par des troupes étrangères. Nous n'avons pas beaucoup de documents relatant cet épisode mais il semble que la ville soit tombée sans résistance. La main-mise de la France sera illégale jusqu'en 1472. A cette date le roi d'Aragon propose à la France de lui restituer le Roussillon de façon officielle contre un appui politique, ce qu'il accepte. Argelès restera donc français.

On ne sais rien de la politique appliquée localement, mais celle de Perpignan nous sert d'exemple. Fort de sa première expérience, le roi de France fait régner la terreur sur ses nouvelles terres, obligeant la plupart des opposants à fuir vers Barcelone. Cette état de fait durera jusqu'au 19 janvier 1493, date de la signature du traité de Barcelone. Par ce traité Charles VIII roi de France rend le Roussillon au roi d'Aragon.


Traité des Pyrénées et guerre de 1793

De 1618 à 1648 recommence la lutte entre la France et l'Espagne. Les forces françaises pénètrent en Roussillon, conquièrent le territoire. Argelès est prise en 1641 par le général français Meilleraye, qui y établit une petite garnison. Le 7 janvier 1642 les espagnols la reprennent après trois jours de combat. Elle sera à nouveau reprise en 1646. Le 9 mai 1659 un cessez-le-feu est décrété, il amènera à la signature du traité des Pyrénées fixant une nouvelle frontière. On aurait pu croire que la frontière fut définitive, mais les hostilités reprirent en 1793 à l'initiative de l'Espagne. Cette année là une forte armée franchit les Albères par le col du Perthus et prit plusieurs villes. Argelès, toujours placé à la frontière en subit les conséquences. Elle fut prise le 23 mai 1793 et les espagnols en firent le magasin d'une armée de 4000 hommes en attente entre la plage et la ville (avec leurs 500 chevaux).

Cette guerre dura 2 ans, la ligne de front bougeant beaucoup. Cette partie des Albères ne fut pourtant pas libérée par les français avant 1795.


La Retirada

Retirada signifie "Retraite" en Espagnol, ce terme désigne la fuite des républicains espagnols devant l'avancée des troupes du dictateur Franco. Durant l'hiver 1939 c'est une foule immense qui traversa la frontière, cherchant un accueil que la France n'était guerre disposée à donner tel quel. Les autorités françaises furent prises de court et très vite débordées par l'ampleur du phénomène. Les petites villes frontalières virent passer des flots continus de réfugiés sans savoir vraiment que faire.

La gestion de l'afflux s'est plutôt mal passée dans la région. Les autorités françaises ouvrirent en urgence des camps de regroupement où ils furent parqués. Ces camps furent montés rapidement, dotés d'un encadrement militaire, les conditions d'hygiène y étaient déplorables. Nombreux furent ceux qui moururent, et pour notre région cet épisode de l'histoire locale reste une plaie béante. Les principaux camps se trouvaient à Prats-de-Mollo, sur la plage d'Argelès-sur-mer et au Camp Joffre.

Etymologie

Le nom d'Argelès est un dérivé du mot "Argile". Il signifie exactement "Terre Grasse", à prendre au sens de "Terre Fertile". Le fait qu'il y ai un "argelac" (ajonc épineux) sur son blason ne doit pas induire en erreur : il ne s'agit que d'exprimer phonétiquement le nom de la ville, comme un rébus, et pas d'en donner l'étymologie.

Héraldique

Description du blason d'Argelès-sur-Mer

Expression héraldique

Ecu en losange d' argent à l'argelac arraché de sinople fleuri de sept pièces d' or et accompagné de trois fleurs de lys d' azur, deux en fasce et une en pointe, celle-ci soutenue d'une champagne aussi de sinople.

Description

Reprenons l'expression héraldique pour la décortiquer. Nous sommes sur un écu en losange d'argent (c'est à dire blanc) orné d'un argelac (plante locale piquante) "sinople" (c'est à dire vert) fleuri de 7 pièce "d'or" (c'est à dire jaune). Les 3 fleurs de lys sont dites "azur", qui est le mot pour désigner le bleu. La "Fasce", c'est une bande horizontale. Deux en fasce et une en pointe, ça indique que deux sont alignées horizontalement et la 3e est en pointe, format un triangle. La "Champagne" est la partie basse du blason, de sinople, soit "verte".

Explications

Le blason d'Argelès est ce qu'on appelle une arme parlante, c'est à dire que le lieu ayant ce blason est décrit de façon explicite par le blason. L'argelac a été choisi par rapprochement phonétique du mot "Argelès" et uniquement par rapprochement phonétique, car le nom d'Argelès, provient du mot "Argile". L'appartenance à la couronne royale française est symbolisée par l'ajout des trois fleurs de lys bleues et la couronne.

Au dessous du blason se trouve une banderole marquée de la phrase "Qui s'hi acosta te resposta", signifiant (à peu de chose près) "Qui s'y frotte s'y pique". Là aussi, c'est un rappel de l'argelac, une plante piquante. Il était très fréquent d'utiliser des armes parlantes pour désigner des lieux à l'aide des blasons. Par exemple, la ville d'Alénya a une aile sur son blason, qui n'a pas d'autres significations que la phonétique.

Cartes postales

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