Bouleternère


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Description

Bouleternère est une ville assez petite, un peu en marge des voies de communication classiques du département. La vie y est plutôt tranquille. Toute la partie Sud-Ouest est composée de collines, donc assez peu peuplée, alors que la partie Nord-Est contient les vergers dont les fruits exportés font connaître la région un peu partout ailleurs.

La ville elle-même est intéressant à visiter. Je conseille de suivre l'itinéraire que la ville a créé pour la découvrir. En quelques temps vous passerez près de tous les sites intéressants, comme les portes fortifiées par exemple. A l'extérieur, suivez la route qui mène à Serrabone, vous passerez près de l'ancien village de Barbadell. Il n'en reste aujourd'hui qu'une chapelle dédiée à St Nazaire qu'une association locale remet en état.

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Informations

Latitude : 42.64909511 N,

Longitude : 2.587432766 E

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Situation et accès

Bouleternère est une ville se trouvant dans la vallée de la Têt, à la fin du Ribéral et proche du bas-Conflent. La ville est à peu près à égale distance entre Ille-sur-Têt et Vinça, sur la rive droite. Pour s'y rendre, c'est relativement simple. Au départ de Perpignan il faut suivre la Nationale en direction de Prades/Andorre. Après Ille-sur-Têt la voie rapide se rétrécie, et juste à ce moment du trajet qu'il faut tourner à gauche, vers Bouleternère. Rien de plus simple donc.

Une fois à Bouleternère vous pouvez suivre une autre route menant à Corbère-les-Cabanes ou St Michel de Llotes, ou une autre prenant plein Sud vers Casefabre et le prieuré de Serrabone.

Carte IGN

Patrimoine

Le patrimoine de Bouleternère est riche et varié. D'un point de vue religieux, citons l'église paroissiale St Sulpice, de style gothique (XVIIe), le clocher étant formé par le donjon du château. Elle contient le mobilier suivant : des retables du choeur (1690), du Rosaire (1690 aussi), de St Sébastien (XVIIIe), de St Antoine (XIXe), deux autres retables des XVIIe/ XVIIIe et XIXe siècle, un Christ du XVIIIe ainsi que de nombreuses statues des XVIIe et XVIIIe (dans la sacristie). Elle contient aussi un bénitier de marbre (XVIIe) et une armoire (XVIIe).

Par ailleurs, sur le territoire de la commune on trouve aussi un oratoire dédié à St Marc, l'église St Nazaire de Barbadell, la chapelle Ste Anne (XIVe siècle, cliquez ici pour plus d'information à son sujet) et la chapelle Ste Marie.

Sinon le village possède encore ses fortifications. On peut voir les portes et les tours du XIIe siècle, ainsi que le château à quatre tours, et la "cantonada del mouli", une chute d'eau qui servait à alimenter deux moulins et une fabrique. L'un des moulins étaient à huile, l'autre à grains. Quand à la fabrique, elle fut créé en 1876 par Jean Blanc. Elle transformait des racines de bruyère en "ébauchons", qui prenaient la destination de St Claude (Jura), de Marseille, des Etats-Unis ou d'Afrique du Sud pour la fabrique d'objets divers, comme les pipes. Cette fabrique fut arrêtée en 1970.

En limite de village, le promeneur trouvera une fontaine avec un blason dont l'eau aurait un pouvoir de guérison. Et puis sur le territoire de la ville il y a une ancienne carrière de marbre qui fut exploitée au XVIIe et XVIIIe siècle.

Histoire

Le territoire de Bouleternère est riche de vestiges attestant la présence de nos lointains ancêtres préhistoriques. Deux dolmens existent à Bouleternère, le premier à l'Est de la ville (dolmen des Rières), l'autre au Sud (dolmen du col de la Llosa), à l'intersection entre Bouleternère, Casefabre et St Michel de Llotes.

L'histoire proprement dite de ce bourg, monté comme les autres autour d'une église citée en 1142 commence réellement sous les Rois de Majorque (1276-1344). L'église paroissiale était dédiée à St Sulpice. D'origine romane, elle fut remplacée par une seconde construite au XVIIe en utilisant un mur de l'église initiale. Elle avait un plan rectangulaire sous voûte en arc brisé.

Le village était protégé par un château qui apparaît au Xe siècle. Il avait été acheté par le bailli du village Arnaud Buffard en 1276 (qui est resté bailli jusqu'en 1311) à son seigneur le comte Hugues de Pallars. Un château à l'époque, c'était essentiellement une tour fortifiée qui servit plus tard de clocher d'église. Le bailli revendit le château à Jacques 1er de Majorque, et c'est ainsi que Bouleternère devint citadelle royale.

Les rois successifs vont marquer le royaume par une foule d'aménagements dans les plus petits villages. Bouleternère voit ainsi se créer une grande route qui le traverse de part à part, sur le modèle d'une antique voie romaine, la Via Confluentana (voir le dossier sur l'Antiquité en Roussillon). Les rues sont redessinées et les routes améliorées. Le village se dote également d'un réseau d'eau par la création d'un canal d'alimentation en pierre, suivant le tracé de l'ancien ruisseau mentionné dès en 1052. Les restes de ce canal sont toujours visibles de nos jours.

Jaques 1er de Majorque concéda les droits de haute justice à Pierre de Fenouillet. Lorsque le roi meurt c'est son fils Sanche 1er qui le récupéra, mais le 28 octobre 1314 il le céda à Pierre de Fenouillet, devenu vicomte de Fenouillet et d'Ille. Bouleternère passera ensuite à son fils Pierre (mort en 1353), puis à André, à Pierre, puis enfin Galcerand de Pinos.

Plus tard la ville sera fortifiée, un mur d'enceinte assurant aux villageois la tranquillité. Ce mur était flanqué de sept tours rondes implantées régulièrement et les poternes étaient défendues par des fortins massifs. Au cœur du village a été construit une cellera, petit donjon capable d'accueillir la population Le village s'agrandissant des constructions furent bâties à l'extérieur de l'enceinte. Un hospice fut même créé durant le XIVe siècle, exactement en 1320, dans ce qui est aujourd'hui la rue Prosper Mérimée. (Cet hôpital sera définitivement détruit en 1950) A cette époque la ville dépendait de la Viguerie du Conflent, dont les seigneurs étaient les mêmes que ceux de la ville d'Ille (sur Têt), ce qui a uni les deux villes.

En 1359 on comptait 36 feux à Bouleternère (Prades en comptait 32, Castelnou 38 et Ille 143) (1 feu = 6 à 7 personnes à peu près). Revenons à présent au dernier possesseur de Bouleternère, Galcerand de Pinos. Au XVe siècle le roi de France Louis XI est maître du Roussillon. Ce dernier propose certaines de ses terres contre celles de Galcerand, mais celui-ci refuse. Il est alors destitué au profit de Gaston de Lyon, sénéchal de Saintonge, qui prendra possession du fief le 24 octobre 1464. Puis Bouleternère passera successivement à Pierre de Rocaberti en 1473 et à Guillaume de Caramany en 1485.

Durant le XVe siècle la population du village ne cessa d'augmenter, ce qui lui permit d'obtenir l'appellation de "Bourg" et donc d'avoir des représentants aux Corts. Peu de temps après la vicomté de Fenouillet fut récupérée par les descendants de Galcerand de Pinos, Pierre de Castro, et Bouleternère qui en faisait partie le fut également. Pierre le transmit à son fils Philippe de Castro, mais celui-ci décéda sans enfant. Sa sœur Marguerite de Castro, qui avait épousé François de Moncada hérita de la vicomté et lui transmit en dot, mais son mari meurt en 1635. En 1542 un fait historique marqua le village. Alors que le Roussillon est en pleine guerre contre l'armée du dauphin de France, futur Louis XII, la ville opposa une résistance héroïque. Le dauphin parvint tout de même à s'en emparer et saccagea le village, tuant les 3 consuls et la plupart des habitants. De retour à l'Espagne plus tard Philippe II d'Espagne reconnaîtra à sa juste valeur les mérites de la ville et fit entreprendre sa reconstruction, commençant par les maisons, puis les murailles et enfin l'église, achevé en 1659.

Sa construction eu lieu grâce à la volonté de la famille Pontich dont l'un des membres, Francesc, prêtre de Bouleternère, a été anobli par Philippe IV en 1639, mais elle coûta tant au village qu'il fut ruiné et se fut le début de son déclin. Un emprunt dû même être fait le 4 février 1654. Son fils Guillaume-Raymond devient alors vicomte d'Ille jusqu'en 1642, année où Louis XIII, maître du Roussillon, donne la vicomté à Joseph d'Ardena, comte de Darnius (1642-1659). Guillaume-Raymond put la retrouver en 1659 au traité des Pyrénées, mais à sa mort en 1670 c'est de nouveau Joseph d'Ardena qui en devient possesseur durant la guerre de Hollande (1674-1678) A la fin de la guerre le fils de Guillaume-Raymond obtient la vicomté et Bouleternère avec, puis son petit fils qui n'eut qu'une fille, Thérèse. Celle-ci se maria avec Luis de Média-Coéli, qui conservera la vicomté jusqu'à la révolution.

Il faut noter pour finir que sur le territoire de l'actuel Bouleternère se trouve la chapelle Saint Nazaire, récemment rénovée, qui était le centre d'un autre village à présent disparu est qui était appelé Barbadell, ainsi qu'une carrière de marbre exploitée au XVIIe et XVIIIe siècle.

Etymologie

Bouleternère était autrefois appelé Bula-Teranera, que l'on peut décomposer en quatre :

  • "Bul", signifiant 'Torrent',
  • "a", suffixe rappelant un lieu,
  • "Tera", signifiant "Terre",
  • "Nera", à rapprocher du mot "Nègre", "Noir".

Etymologiquement, Bouleternère était un lieu habité près d'un torrent dont la terre était noire. (Tera Nigra) Le nom définitif du village apparaît au XIXe siècle.

Héraldique

Description du blason de Bouleternère

Expression héraldique

D'azur au lion d' argent tenant de sa dextre une fleur de lys d' or.

Description

Il s'agit d'un blason assez simple, il suffit juste de connaître quelques mots d'héraldisme pour le comprendre. "D'azur" fait référence à la couleur générale du blason, le bleu. Le lion est qualifié "d'argent", qui est le nom donné à la couleur blanche. La "dextre" du lion, c'est sa main gauche. ("senestre" pour la droite) Elle tient une fleur de lys "d'or", c'est à dire jaune.

Explications

Le blason de Bouleternère est constitué d'un lion d'argent tenant dans sa patte une fleur de lys, qui évoque la possession de la ville par le roi de France. Le fond bleu est probablement aussi un symbole de la royauté française. Il y a une assez grande analogie entre ce blason et celui de canet-en-Roussillon, qui est également bleu avec un lion.

Plaque de rue

Plaque de rue



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