Cerbère




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Description

Cerbère est plutôt étrange : Héritier tout à la fois d'un passé ferroviaire lourd et du raffinement des années 30, la ville a tout pour être peu agréable, mais pourtant l'urbanisme est fait de telle façon que le visiteur n'en voit que les bons côtés. Un aqueduc ferroviaire gigantesque bouche la vue ? Il est en second rideau, et ouvert d'arches le rendant moins laid. Des immeubles de grandes hauteurs sont le long de la plage ? Il y a suffisamment de recul pour avoir la route, une place piétonnière très agréable, et une large plage de galets. La ville est construites tout autour de la baie ? Les seules maisons que l'on distingue vraiment sont espacées, et ou très modernes, ou elles datent des années 30 et sont parfaitement entretenues. On a vraiment l'impression à Cerbère que la ville s'est adaptée à son passé, qu'elle fait avec en embellissant tout ce qui peut l'être. Et c'est très bien comme ça.

Le front de mer est petit, court, il faut le savoir. S'y balader est toutefois agréable, surtout en automne, par une belle journée ensoleillée. Il y a quelques magasins, mais peu. Dès qu'on quitte le front de mer on entre dans un village typiquement catalan, avec des petites rues étroites (qui montent, relief oblige), sa place circulaire où il y a même des bancs intégrés aux murs le long de la place, et son grand arbre qui fait l'ombre nécessaire.

Cerbère est assez petit, on en a vite fait le tour. Je conseille de l'intégrer à une balade plus longue, de Collioure à Cerbère et pourquoi pas jusqu'à Port-Bou. Sachez que la route se poursuit sur la côte rocheuse espagnole et permet de rejoindre Figuères, pour un retour par l'autoroute par exemple.

Il faut aussi dire un mot du Rayon Vert. Il s'agit d'un ancien hôtel des années 30, très moderne pour l'époque. Il faut bien imaginer qu'à cette époque Cerbère était très animé, beaucoup plus grande que maintenant, c'était un lieu de passage pour se rendre en Espagne et une halte quasiment obligatoire. Cet hôtel est désormais à l'abandon et trône, sur les hauteurs de Cerbère, attendant sa démolition ou sa réhabilitation. Il n'offre pas une bonne image de la ville de nos jours, surtout que c'est ce qu'on voit en premier en arrivant.

Un petit mot aussi sur le centre de Peyrefitte, c'est un centre de rééducation fonctionnelle de grande importance, qui amène une activité économique bienvenue.

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Informations

Latitude : 42.44050954 N,

Longitude : 3.165176734 E

Photos

Situation et accès

Cerbère est une ville de la côte Vermeille, qui est le nom de la côte rocheuse, à la jonction de la Méditerranée et des Pyrénées. C'est la ville la plus au Sud, la dernière avant l'Espagne. en passant par la côte. Après, c'est Port-Bou, en Espagne. On est a une vingtaine de kilomètres de Collioure, la première ville de la côte vermeille.

Pour s'y rendre, il n'y a guère que la route de la côte, les autres routes sont des chemins difficilement praticables.

Carte IGN

Patrimoine

Le patrimoine de Cerbère est assez riche. Il faut citer principalement le château-tour de Quer Roig, aussi orthographié Ker Roig, toujours visible de nos jours (Cliquez ici), et l'église paroissiale de la Transfiguration de Notre-Seigneur.

Il y a aussi la réserve naturelle de Cerbère-Banyuls qui est à cheval sur les deux communes comme son nom l'indique. Elle est située entre l'île Grosse (sortie du port de Banyuls) et le cap Peyrefite (proche de Cerbère) et abrite de nombreuses espèces marines : Mérous, mostelles, sars tambours, dentis, aigles de mer, etc. Il existe un sentier marin aménagé pour la découvrir.

Le belvédère du Rayon vert est un monument classé. Les plans ont été réalisé par l'architecte Baille. C'était un hôtel de la belle époque, avec un escalier "Grand Siècle", un théâtre, un cinéma, un standard téléphonique des années 30, le "Bar Bleu", le toit terrasse qui avait un cour de tennis, etc. Sous la toiture il y a un ingénieux système d'aération en nid d'abeille. L'escalier extérieur est de style florentin. L'hôtel devait aussi être un casino.

De par cette construction majestueuse, on constate que Cerbère était, dans les années 30, une ville prospère.

Histoire

Mentionné dès le 1er siècle par le géographe latin Pomponius Mela comme le finis Galliae, c'est à dire le point extrême des Gaules, le site de Cerbère fut délaissé au profit d'un endroit plus accessible, plus proche des voies de communication. Tout au plus trouve t-on parfois des actes notariés concernant le lieu de Baus Fallut (cap Cerbère) dans les temps les plus anciens.

Le hameau de Cerbère est apparu comme beaucoup d'autres durant les premiers temps de l'ère carolingienne, autour du IXe siècle. On a sa première mention en 981 dans un acte du roi Lothaire sous la forme du Vall de Cervera (Vallée de Cerbère), puis en 1155 sous le nom de "Cervera". Une chapelle y fut bien sûr édifiée. Dédiée à Saint Sauveur elle fut nommée tout naturellement Sant Salvador de Cervera ou Sant Salvador de la Pera Dreta (St Sauveur de la pierre droite), en référence à un menhir proche. De même il y fut construit un château dont la tour de Querroig atteste de la présence encore de nos jours.

Une paroisse, sa chapelle et un château, voilà les prémices d'un hameau attirant une population restreinte mais sédentaire.

Au XIIIe siècle Jacques de Rabos, seigneur de la vallée des Abeilles (la haute vallée de Banyuls), créé en faveur de St Sauveur un bénéfice simple comprenant la dîme du poisson et du corail pêché en son anse ainsi que les droits de pâturage et d'herbage dans les tenants. Cette famille s'est éteinte vers le XIVe siècle. Son territoire sera récupéré par la famille de Pavo, déjà seigneur de la haute vallée. St Sauveur et son hameau fut alors intégré dans la paroisse des Abeilles. A la chute de la famille de Pavo, la chapelle sera récupérée par l'évêché d'Elne, puis à partir du XVIIIe, elle passera à la famille de Cosprons qui en sera bénéficiaire jusqu'en 1789.

A la révolution française les titres seigneuriaux disparurent, les habitants désireux de cultiver les terres librement recherchèrent de nouvelles terres et en trouvèrent sur les coteaux de Cerbère : la vigne fut la principale source de revenu des habitants. C'est de cette époque que datent les vignobles en terrasse. En 1820, seules dix familles résident à Cerbère. Mais la contrebande faite avec les habitants d'Espagne impose aux autorités de construire un poste de douane en 1841. Ce bâtiment imposant pour l'époque va introduire à Cerbère une nouvelle vague d'habitants issus tout d'abord de l'administration, vague qui s'amplifiera avec la construction du chemin de fer dont le premier convoi traversera le village en 1876.

En 1879 les habitants réclamèrent la présence à Cerbère d'une paroisse indépendante. Une nouvelle église fut construite l'année suivante, dédiée à Ste Marie. Elle fut financée par la vente de vin, c'est pour cette raison que la frise de la rosace est en forme de feuilles de vigne. En 1888 le village s'était suffisamment développé pour prendre son envol : la commune se détacha de celle de Banyuls sur mer et le premier maire de Cerbère fut élu.

Au début du XXe siècle Cerbère était une assez grande ville (1333 habitants recensés en 1906). Elle bénéficiait de toute l'activité frontalière que peut avoir une ville, en particulier ce qui concernait l'administratif : la douane pour contrôler les marchandises importées et gendarmerie pour arrêter la contrebande. Mais Cerbère fut célèbre aussi pour son traffic ferroviaire bien particulier.


Les transbordeuses d'oranges

En effet, le 21 janvier 1878 la compagnie des chemins de fer du midi et la compagnie des chemins de fer de Tarragone à Barcelone se joignent à la frontière de Cerbère, mais l'Espagne et la France n'ont pas les mêmes écartements de voies de chemin de fer (En France, c'est 1m43, en Espagne 1m66), ce qui obligeaient aux passagers de changer de train lors du passage de la frontière. Il fallait également transborder la marchandise, et l'une des marchandises les plus importée étaient les oranges. Ainsi naîtra le métier de transbordeuses d'oranges, qui se développera grace à l'arrivée de transitaires, des sociétés qui emploient des personnes pour faire les manipulations.

Ce sont les femmes qui le faisaient, mais le salaire était maigre et le travail dur. Les transbordeuses d'oranges portent des paniers de 15 à 20 Kg. Le 26 février 1906, elles arrêtent le travail, réclamant 25 centimes d'augmentation sur leurs 75 normalement payés (Elles étaient payées à la tache). Ce mouvement de grève avait ceci de particulier d'être le 1er purement féminin. Il ne s'achèvera que le 3 décembre, après de longues luttes avec les autorités, les patrons et aussi entre les ouvrières elles-mêmes, partagées sur le conflit.

Dans la galerie de photos, vous avez deux photos du monument à la mémoire des transbordeuses.


La citation à l'ordre de la nation

La ville de Cerbère a reçu par décret du 20 février 1947 et sur proposition du ministre de l'Intérieur de l'époque la médaille d'argent de la Reconnaissance française. Cette médaille est une citation à l'ordre de la nation créée par Raymond Poincaré en 1917 pour "services exceptionnels, actes de dévouements répétés accomplis au péril de la vie pour la France, soit à titre civil, soit au titre de la résistance". Seuls six villes ont reçu cette distinction, deux se trouvent dans les Pyrénées-Orientales : Céret et Cerbère.

Les raisons de l'obtention de cette médaille se trouvent pendant la seconde guerre mondiale, bien sûr. La ville a entre autre accueilli à l'école primaire en septembre 1944 les premiers marins des Forces Françaises Libres. A titre individuel, les habitants ont fait passer 2000 personnes vers l'Algérie, le Royaume Uni, les Etats-Unis, et ça grace à des cheminots ou des douaniers en poste à Cerbère, ville-frontière.

Héraldique

Description du blason de Cerbère

Expression héraldique

écartelé : au premier d' or à la grappe de raisin de pourpre feuillée d'une pièce de sinople, au deuxième d' azur à la barque catalane d' argent voguant sur une mer d'azur, au troisième d'azur au cerbère d'or, au quatrième d'or aux quatre pals de gueules.

Description

Le blason de Cerbère est l'un des plus complexes de la région. On va reprendre l'expression héraldique et la décortiquer pour mieux la comprendre.

Le mot "écartelé" fait référence à un blason divisé en quatre, deux lignes de deux colonnes. On s'attend à avoir la description des 4 parties, de gauche à droite et de haut en bas. C'est confirmé par la notation "Au premier", qui identifie la partie haute gauche. Celle-ci est "d'or" (jaune), avec une grappe de raisin "de pourpre" (violet) et sa feuille de vigne "sinople" (verte). La deuxième partie est d'azur (bleu) à la barque "d'argent" (blanc). La troisième est d'azur aussi (bleu) au Cerbère d'or (jaune). La quatrième partie est dite "d'or aux quatre pals de gueule", c'est à dire "jaune aux quatre bandes verticales rouges".

Explications

Le blason de Cerbère indique l'étymologie de la ville : le Cerf. C'est la raison pour laquelle on en trouve deux, de parts et d'autres du blason. Ce blason est à quatre parties, qui identifie de façon sûre la ville.

En haut à gauche, se trouve sur fond d'or une grappe de raisin, rappelant la vocation viticole de la ville. A droite, sur fond bleu, c'est un voilier car Cerbère est avant tout une ville maritime. En bas à gauche, toujours sur fond bleu, le blason présente un cerbère, animal mythique à trois têtes gardiens des enfers. Il n'est représenté que par homonymie. Enfin en bas à droite le blason catalan termine le quatuor.

Ce blason est surmonté d'une forteresse, rappelant les fortifications de la ville, et du nom de la ville. Une banderole placée en dessous indique "Locus Cervaria Finis Galliae", c'est à dire "La Gaule s'achève à Cerbère". Il faut dire que cette ville servait de frontière.

Cartes postales

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