Claira




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Description

Ville typique de la Salanque, Claira est à quelques kilomètres de Perpignan, après Bompas. La ville a un coeur de ville relativement petit pour une commune de cette taille. Ce qui le caractérise le plus c'est l'étroitesse de ses rues, l'urbanisation du centre-ville est vraiment très dense.

Une rue de Claira

Une rue de Claira

C'est d'ailleurs étonnant car habituellement une telle densité, quand elle se trouve au centre, est dû au fait que la ville s'est développée autour du "cellera", sorte de grenier à grain de la communauté médiévale de l'époque et qui est formé des quelques maisons autour d'un château et de l'église. Mais à Claira on a l'impression qu'il n'y a pas de cellera, les rues sont droites, ce qui est plutôt une caractéristique des rues s'étant développées ultérieurement, mais alors qu'ailleurs de telles rues sont un peu plus larges, à Claira elles sont restées étroites.

De nos jours le village s'est bien développé, il a multiplié les lotissements dont certains sont faits de grandes maisons sur des grands terrains, ce qui est de plus en plus rare. On a vraiment l'impression, à Claira, qu'il y a une séparation urbanistique entre le coeur du village et les lotissements autour. Sinon la ville est très bien équipée, elle est dotée d'un grand gymnase, d'un groupe scolaire récent situé à côté d'un beau parc (qui gagnerait à être un peu plus ombragé), et même d'une zone économique où se sont installées quelques entrepeneurs. Et rappelons que le grand centre commercial où l'enseigne Carrefour s'est installé est également sur le territoire de Claira.

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Informations

Latitude : 42.75984008 N,

Longitude : 2.954820847 E

Photos

Situation et accès

Claira est au Nord de Perpignan, au centre de la Salanque. Son territoire est plutôt plat.

Carte IGN

Patrimoine

L'église St Vincent

Claira étant un village de la plaine à l'extension récente, elle n'a pas un patrimoine très important, au contraire des petits hameaux de moyennes montagnes à l'histoire plus mouvementés. Il n'empêche qu'il y a quelques éléments importants, dont le principal est sans doute l'église paroissiale St Vincent. D'origine romane, elle fut modifiée au XIVe siècle par l'ajout de chapelles intérieures. Le chœur date de la fin du XVIIIe, la façade et la partie Ouest de la nef du XIXe. On y voit un enfeu et une inscription de 1372. Son clocher abrite deux cloches datées de 1328 (On dit qu'il s'agit des plus anciennes de France)

L'intérieur de l'église se compose d'un retable du maître-autel dont on explique l'histoire ci-dessous, d'un orgue (début XXe siècle), de divers retables (St Antoine de Padoue, XVIIIe), de quatre statues-reliquaires du XIXe, d'un Christ du XVIIIe, de deux statues de la Vierge des douleurs (XVIIIe), de deux toiles des XVIIe et XVIIIe siècle et d'un plat de quête du XVIe siècle.

Il faut savoir que l'église contient un retable, le retable du maître autel, qui fut difficilement achevé. Il fut commandé en 1650 à Lazare Trémulas, célèbre artisan catalan qui fut de nombreux chef-d'œuvre dans la région. Celui-ci s'engagea à le livrer le 22 janvier 1655.

Mais à cette époque les guerres franco-espagnoles vidèrent la ville de ses habitants, et la livraison fut annulée, bien que le travail soit bien avancé. Quinze ans plus tard, en avril 1670, on demanda au sculpteur Luis Générés, lui aussi un célèbre artisan local, de terminer le travail, ce qui fut fait. Le retable fut installé dans l'église et les habitants purent en profiter. Il subit quelques modifications : en 1705, 1706. En 1750 le sculpteur Michel Anglada travailla également dessus.

Ce retable fut brulé en 1794 lors de la Révolution française, mais quelques personnes purent sauver des flammes le bas relief doré sculpté, qui se retrouva dans le grenier du presbytère construit 90 ans plus tard, lieu où on le retrouva en 2004 pour sa restauration. Les deux panneaux que l'on peut voir désormais représentent l'annonciation (il est exposé dans la salle du trésor attenante à la sacristie, et l'eucharistie, qui représente deux anges tenant un calice. C'est ce deuxième panneau qui est désormais utilisé comme autel dans l'église de Claira... et que l'on peut voir de nos jours.


Le château et l'enceinte

La ville royale était dotée d'un château-fort, place de l'église bien sûr, et une enceinte fortifiée verrouillait le tout (XIIIe siècle). Cette enceinte était rectangulaire, le sens Nord-Sud plus longue que le sens Est-Ouest. L'église actuelle était contre le mur Est, le château lui faisait face. Ce château fut détruit par la municipalité en 1911-1912, une époque où l'on se souciait peu de sauvegarde du patrimoine historique. Au Sud-Est il y avait l'hôpital, une grande bâtisse fortifiée qui servit aux templiers comme aux hospitaliers (leurs successeurs) pour accueillir les indigents du village. Ce bâtiment, aujourd'hui le centre culturel municipal, fut transformé en 1851 en école de filles à l'initiative de Soeur Thaïs, religieuse du St Sacrement.

L'enceinte fortifiée était flanquée de 10 tours rondes, une à chaque angle, plus Une au Nord, un autre au Sud, deux à l'Est et les deux dernières à l'Ouest. Elle aussi 4 portes, une par côté. Il en reste 2 de nos jours.


St Pierre de Vilario

En parallèle de Claira, à quelques centaines de mètres seulement, une antique villa romaine a donné naissance à un prieuré, édifice qui a fait naître à ses abords différentes maisons qui cherchaient leurs protection et qui auraient pu faire naître un deuxième village : St Pierre de Vilario. (En savoir plus)


Autres

Mis à part ce patrimoine religieux, Claira possède quelques autres éléments : Les restes d'un moulin à eau et d'un à vent. A l'extérieur de Claira, du côté de Bompas, il reste encore de nos jours les vestiges du pont romain de la Via Domitia, celui qui permettait de franchir le Bourdigou. Il se trouvait à l'Ouest du pont routier, à à peu près 300m, mais il est désormais noyé. On ne peut le voir que lors de la vidange de ce canal.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Géographiquement, il faut savoir que la Salanque était, aux temps préhistoriques, une sorte d'immense marécage (d'ailleurs le mot "Salanque", "Sal-anque", signifie "Terres salées"). Evidemment aucun être humain n'y vivait, la zone était impropre à l'habitat, et ça très tard. De plus la terre de la plaine du Roussillon est trop acide pour avoir pu conserver une quelconque traces d'ossements, ce qui ajoute au fait qu'on ne connaît que peu de chose de la préhistoire sur le territoire de Claira.

Les premiers habitants indo-européens, chassés par le peuple celtes, n'ont pas laissé de traces de leurs présences. En fait les premières habitations ont été romaines. Claira a pour origine un domaine agricole romain, obtenu par une famille pour faire vivre la région suite à la colonisation militaire. Ce domaine, nommé "Villa", n'était pas isolé, les plus proches se trouvaient à quelques centaines de mètres seulement, et certaines ont donné naissance à d'autres villages (Pia, St Hippolyte par exemple) La chute de l'empire romain, a fait tomber en désuétude le domaine agricole, qui ne fut pas repris par les wisigoths, nouveaux maîtres du Roussillon. Puis les sarrasins envahirent la région, et les troupes de Charlemagne les chassèrent au delà des Pyrénées : commença alors la période chrétienne.

Capbreu de Claira / Millas

Principale enluminure du Capbreu de Claira/Millas, XIIIe siècle (Voir tous les capbreus)

Et c'est à cette période que le domaine agricole renaît. Quelques pionniers francs, venus du Nord de la France, s'installèrent dans les lieux et relancèrent le domaine. Nous sommes au XIe siècle.


Moyen-âge

Peu à peu le domaine s'agrandit, accueillant de nouvelles familles, qui proliférèrent. Le véritable village tel que nous le connaissons s'est construit durant le haut Moyen-Âge autour du château du seigneur local. Ce château s'appelait "Château de la Biterna" et sa présence est attestée en 1208. Le village ne semblait pas avoir à cette époque d'enceinte fortifiée.

Possession des roi de Majorque, Claira passa à l'Aragon avant de devenir la propriété personnelle de Jeanne d'Aragon, fille de Pierre III. La seigneurie de Claira changea de mains une fois à la fin du XVe siècle pour passer à la famille d'Oms. On retrouve en effet Guillaume d'Oms, gouverneur de Majorque et seigneur de Claira et de St Laurent de la Salanque alors que ses prédécesseurs n'avaient pas ce titre. Nul doute que le titre de gouverneur de Majorque lui permit d'obtenir des privilèges sur des terres royales, et Claira en était une au XVe siècle. Il est donc fort probable que Claira soit passé du roi d'Aragon à Guillaume d'Oms en remerciement de son dévouement.

En 1493, après 30 ans de guerre, Charles VIII de France et Ferdinand le Catholique se rapprochent. L'enjeu, principalement politique, était la possession de la Cerdagne et du Roussillon. Or cet année-là le roi de France voulut se débarrasser de ces territoires. Des représentants des deux parties se rencontrèrent au château de la Biterna, à Claira, pour s'entendre sur les conditions, ce qui fut fait sans anicroche particulier. On peux donc dire que c'est à Claira qu'eu lieu la fin de la guerre de 30 ans !


Renaissance et époque contemporaine

En 1600 nous avons la trace de l'administration réelle du village. Il y avait deux pouvoirs dans le village : Le premier était représenté par l'église, en pratique il s'agissait du prieur de St Pierre de Vilario, Antoni Azémar. Le second était constitué par l'université, c'est à dire un conseil des chefs de familles (Cap de Casa comme on dit en catalan) Cette université fut créé au XIIIe siècle, elle avait trois consuls élus démocratiquement parmi les pagès, c'est à dire les agriculteurs indépendants. Il s'agissait donc une structure très ancienne et largement répandue dans la région.

En 1588 et 1592 eut lieu l'épidémie de peste. Cette épidémie, arrivée à la fin du XIVe siècle marqua de nombreux villages dans toute la région. A Claira toutefois elle arriva assez tard et relativement peu souvent, comme si le village était sous la protection du saint local.

Le 20 septembre 1600 le prieur obtient du pape les droits sur l'hôpital et l'aumônerie du village. A l'époque nombreux étaient les villages qui avaient leur propre hôpital. Initialement ils étaient dépendants de l'université, mais celle-ci était trop pauvre pour vraiment pouvoir faire fonctionner ces édifices normalement. C'est pourquoi le prieur est intervenu pour les récupérer. Notez que le pape imposa toutefois à l'université à verser un tribut au prieur pour les frais de fonctionnement.

Quelques années plus tard, la guerre franco-espagnole s'approcha. Toute la région commençait à s'y préparer. A Claira les habitants s'armèrent et construisirent les remparts de la ville. Le 10 juin 1639 les français, stationnés à La Palme, traversèrent les Corbières et envahirent la Salanque. Ils attaquèrent Opoul, Rivesaltes et Claira. Le soir même les trois villes étaient à eux. Du coup le village fut abandonné par les habitants qui durent fuir dans la plaine.

Les registres paroissiaux de Claira nous apportent la preuve de l'absence de population dans le village pendant quelques années. Claira ne revit ses habitants qu'en 1642. En 1659 le Roussillon devient français suite à la signature du traité des Pyrénées, et le restera définitivement.

Héraldique

Description du blason de Claira

Expression héraldique

d'azur au dextrochère armé d'une épée haute posée en bande, le tout d' or, issant d'une burelle ondée d' argent en pointe, à la meule de moulin d'argent percée du champ, brochant sur l'épée, tiercée en pairle ondé renversé par un filet de sable, chargée au premier d'une cloche de gueules, au deuxième d'une tour donjonnée du même, ouverte et ajourée aussi d'argent, au troisième d'un chardon aussi de gueule.

Description

Le blason de Claira est l'un des plus complexes existant dans la région. Pour bien le comprendre, il faut analyser son expression héraldique.

Tout d'abord, il s'agit d'un blason non scindé en plusieurs parties, il commence donc par sa couleur dominante. Ici, c'est "l'azur" (nom que l'on donne au bleu). Il contient un dextrochère (un bras), armé d'une épé haute posée en "bande". La bande est une indication de direction : En diagonale. La couleur est "d'or", c'est à dire jaune. La "burelle" est "ondée" et "d'argent". La burelle, c'est une bande horizontale étroite. Elle est dite "ondé" quand elle ondule, et l'argent correspond à la couleur blanche. Enfin la burelle est qualifiée "d'en pointe", qui fait référence au bas du blason.

La suite concerne la meule dite d'argent (blanche). Elle "broche" l'épée, c'est à dire qu'elle le traverse. La meule est "tiercée" en "pairle" (séparée en trois parties formant un Y) "ondé", donc aux limites ondulantes et enfin "renversé par un filet de sable", signifiant mis en effet 3 dimension par une bande noire (Sable). Puisque la meule est divisée en trois, il faut faire la description des trois parties : La première ornée d'une cloche "de gueule" (c'est à dire). La deuxième d'un donjon "ouvert" et "ajouré" d'argent (dont la porte et les fenêtre sont de couleur blanche). La troisième est un chardon de "gueules" (rouge)

Explications

Le blason de Claira est une création récente, c'est une création destinée à pallier l'absence de blason pour cette ville. Il représente un dextrochère, c'est à dire un bras armé d'une épée d'or sur un fond d'azur. Une meule accueille trois symboles de la ville : Une cloche, un château donjonné et un chardon. On retrouve ce blason dans la ville en fer forgé.



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