Le Soler


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Histoire

Idéalement placé en hauteur à proximité de la Têt, le site du Soler semble avoir été un site stratégique de tout temps. Les toutes premières traces de l'occupation des sols datent du XIIe siècle avant JC. A cette époques les celtes avaient envahi la région et dominaient la plaine. La Cerdagne, elle, était plutôt occupée par les kérétanis. Le Soler fait donc partie des rares villes roussillonnaises dont l'histoire remonte au-delà de l'invasion romaine. Cette dernière se produisit en -128, mais nous n'avons pas de traces suffisantes de l'activité romaine au Soler pour en déduire si il s'agissait d'un centre administratif ou un simple domaine agricole, comme ce fut le cas pour bon nombre de villages catalans.

La première mention du nom tel que nous le connaissons aujourd'hui date de Charlemagne. Lorsqu'il récupéra militairement les territoires catalans, il fit venir des pionniers du Nord de la France pour peupler ces terres nouvellement conquises. Pour facilité leurs installations, il s'appuya sur l'Eglise et ses abbayes. Dans le cas qui nous intéresse, il donna à l'abbaye de Lagrasse (dans l'Aude) un alleu, ce qui permit aux moines de préparer la venue des pionniers. Evidemment nous ne pouvons être sûr de la raison de cette donation, mais un tel schéma s'était déjà produit dans quelques autres lieux, en particulier à St-Génis-des-Fontaines.

Rapidement le hameau fut protégé par un château en bois. Les quelques habitants, qui étaient sous la coupe du comte du Roussillon, devaient probablement loger juste à proximité, le château représentant la seule protection valable contre les éventuelles invasions sarrasines qui se produisaient encore et ça jusqu'au XIe siècle. Au tournant du millénaire les techniques de construction évoluèrent et le château de bois fut remplacé par un château construit en galets de rivière (pierres roulées) selon la première technique romane. Ce château fut détruit par l'avancé de la falaise, et il sera remplacé à partir de 1143 par un second dont il nous reste quelques traces de nos jours (un pan de mur), ce qui est toutefois suffisant pour voir comment il était construit.

L'église St Julien et Ste Baselice fut construite moins d'un siècle plus tard (contre le château), et ça à l'initiative de l'évêque d'Elne Bernat dans le but de rassembler en un lieu plus grand les fidèles du Soler. Cette église sera transformée à plusieurs reprises : En 1259, le nouvel évêque d'Elne Bernat de Berga fit construire la sacristie.

A partir du XIIIe siècle les documents nous rapporte trois Soler : le Soler d'Amont, le Soler d'Avall et Ste Eugénie, une paroisse proche. Cette distinction perdurera pendant tout le Moyen-âge. A partir de 1258 le Roussillon se sépare de l'Occitanie (Traité de Corbeil) Jacques 1er en prend les rênes et se lancent dans des conquêtes tournées vers le Sud et vers la mer. En 1276 il meurt, scindant son territoire en deux : d'un côté le royaume de Majorque, de l'autre le royaume d'Aragon. Le Soler fait partie du royaume de Majorque, qui sera envahit à plusieurs reprises durant la guerre fratricide entre les héritiers de Jacques 1er. Finalement récupéré par l'Aragon en 1344, le Soler restera une possession royale, ce qu'il a pour l'instant toujours été.

Pour faire face à l'expansion démographique de la ville au XVIe siècle il fut décidé la construction d'une nouvelle église. Dédiée à St Dominique, c'est toujours l'église du Soler. Elle a été consacrée le 5 Juillet 1554, et fut remanié le 15 septembre 1763 avec l'ajout de la chapelle du Christ (restaurée récemment). St Dominique est construite en briques et en galets, elle est au bord de la falaise. C'est une église à nef unique, elle contient un bénitier en marbre de 1686, une table d'autel du XIIe, des retables de la Vierge (XVIIIe), de la Passion (XIXe), de saint Dominique (XVIIIe), du maître-autel (XVIIIe), ainsi qu'une statue de St Honorat (XIVe), une autre du Christ (XVIIIe), et de nombreuses toiles des XVIIe et XVIIIe siècle.

La fin du XVIe siècle est marquée par le début des tensions franco-espagnole. Le Soler fut durement touché avec la destruction d'un grand nombre de bâtiments par les français (attaque le 22 Août 1597) Puis la guerre de 30 ans poursuivit le travail de destruction de la ville, déjà fortement commencé non seulement par ces attaques, mais aussi par l'épidémie de peste du XVIe siècle. En 1639 le seigneur du Soler est François de Vilaplana, qui participa à la défense de la ville contre les français. Mais les français, vainqueurs, purent prendre le contrôle de la ville et ça jusqu'en 1659, année de la signature du traité des Pyrénées qui officialisa la prise de contrôle du Roussillon par la France.

La ville devint par la suite un bourg rural, à vocation essentiellement maraîchère. Elle le restera jusqu'à l'époque moderne où sa proximité de Perpignan lui permis de se développer rapidement, plus particulièrement dans les années 1970. De nos jours on peut voir des restes du château royal du XIVe siècle, ainsi que ceux de l'église initiale, celle consacrée à St Julien et Ste Baselice.

Photos


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Informations

Latitude : 42.67972332 N,

Longitude : 2.78986624 E

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Patrimoine

Au Sud du Soler se trouvait le monastère d'Eula, qui était un prieuré de Cisterciennes dépendant de l'abbaye de Fontfroide, en Languedoc. Ce monastère existait déjà en 1174 mais ne vécu pas très longtemps : en 1365 les religieuses l'avaient déjà quitté pour se réfugier à Perpignan, mis en fuite par les troupes de Philippe le Hardi en 1285 puis par les brigands. Il s'agissait d'une construction initiale de l'abbaye d'Ardorel, près de Castres, qui essaimera des abbayes dans toutes les Pyrénées-Orientales : Sirach, Valbonne, Ste Marie de Jau, etc.

Situation et accès

Carte IGN

Etymologie

Etrange que ce nom du Soler pour désigner une ville. En fait, il vient du mot "Soleil", le lieu étant, au haut Moyen-âge, désigné comme une esplanade ensoleillée ("Solario")

Héraldique

Description du blason du Soler

Expression héraldique

de gueules au château d' or maçonné de sable.

Description

Le blason du Soler est relativement simple, son étude est rapide. Il faut toutefois savoir que si un blason n'est pas scindé en plusieurs parties, sa description commence toujours par sa couleur. Ici, il est "de gueules", ce qui signifie "rouge". Le château est dit "d'or" et "maçonné de sable". L'or est le mot pour désigner le jaune, le terme "maçonné" sert à indiquer que l'on distingue les joints du bâtiment représenté et que ces joints sont de couleur "sable", c'est à dire noir (en héraldique, parce qu'en vrai... on ne voit pas le rapport)

Explications

Le blason du Soler rappelle l'origine de la ville, la "Villa Palagianum" romaine. Je ne pense pas qu'il y ai de raison particulière au fait qu'il soit rouge. Ce blason se retrouve dans de nombreux endroits dans la ville, par exemple sur le panneau annonçant l'aire de loisir du "parc du Moulin".



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