Millas




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Histoire

Préhistoire

La commune de Millas a une particularité historique remarquable : C'est près du mas St Ferréol, adossé à la colline de Força-Réal que des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour les plus anciennes traces d'activités humaines en Roussillon : 1 million d'année ! Il s'agissait de pierres taillées, retrouvées sur les terrasses de Millas.

Le site n'a jamais vraiment été abandonné par nos lointains ancêtres. On a retrouvé des traces d'activités humaines durant le paléolithique récent, durant tout le néolithique et jusque vers -1200, l'époque des champs d'urnes. On a en effet retrouvé dans une grotte un champ d'urnes de cette époque.


Antiquité

On peut estimer, en généralisant, que pour notre région l'antiquité commence avec l'invasion des celtes (-500) sur les peuples d'origine ibères et ligures qui occupaient la région au néolithique. Les celtes, appelés gaulois par les romains, furent eux aussi envahit par ces derniers, en -128. Les romains sont les premiers à avoir structuré le Roussillon avec des infrastructures de communication, dont la fameuse Via Domitia, et en implantant de grands domaines agricoles qui donneront parfois naissance à des villages. Mais aucun vestige de cette époque n'a été trouvé à Millas, il semble donc que le village ai été créé à l'époque carolingienne.

Le territoire du Roussillon fut récupéré par les wisigoths, peuple germanique venu initialement chercher l'aide de l'Empire, mais qui a en fait accéléré sa disparition lorsqu'ils ont constatés qu'il ne pourrait rien faire contre leurs propres ennemis, les huns. C'est donc tout naturellement que dans le grand tourbillon du début du Ve millénaire, les wisigoths se soient installés dans le Sud de la France et sur la péninsule ibérique. Mais nous n'avons pas gardé de traces de leurs passages à Millas, pas plus que de celles des sarrasins, leurs successeurs (735), qui ne firent que traverser la région.

En fait il faudra attendre 811 et la conquête définitive de la Septimanie par Charlemagne pour que commence l'époque féodale, et l'apparition de Millas.


Moyen-âge

La ville de Millas est citée pour la première fois dans un document en 985 sous le nom de "Villa de Milliariis". On peut imaginer que les habitants se soient mis sous la protection d'un château primitif, aujourd'hui disparu, qui appartenait à un seigneur local. La notion même de seigneur n'apparaît qu'aux alentours du Xe et XIe siècle, et avec elle le fait qu'une paroisse soit possédée par une seule personne. Nous ne connaissons pas les premiers seigneurs de Millas, mais on retrouve la paroisse au XIIIe siècle en tant que propriété de la famille de Vernet, établie près de Perpignan et qui a donné son nom au quartier Nord de la ville actuelle.

Au mois de novembre 1261, en échange du castrum de Cadaquès, le seigneur Ponç du Vernet céda Pons-Hug IV, comte d'Ampurias, les importantes seigneuries roussillonnaises de Torreilles, du Vernet, de Millas et de Tautavel, ainsi que quelques possessions et droits qu'il détenait sur Salses, Barrès, Céret et Canet. C'est ainsi que Millas devint une propriété comtale, puis royale lors de l'extinction de la branche des comtes d'Ampurias, puisque leurs terres sont revenues en partie au roi de Majorque, le reste allant au roi d'Aragon. Il faut dire qu'à cette époque, en 1325, le royaume d'Aragon avait déjà été partagé entre les deux fils de Jacques 1er le Conquérant : le Roussillon, la Cerdagne, les îles Baléares et la seigneurie de Montpellier allant former le royaume de Majorque.

Un document majeur nous a été fourni par le roi de Majorque, en 1293 : Celui-ci voulut recenser la population de ses domaines pour établir l'imposition des villes. Il diligenta donc des mandataires pour établir la liste des propriétaires fonciers, ce qui nous donne de nos jours l'équivalent d'un cadastre du XIIIe siècle. Ce document est enluminé, il fait parti d'un ensemble de 6 "capbreus" (le nom de ces registres) royaux qui font suite à divers documents seigneuriaux. La particularité de celui de Millas est qu'il est joint avec celui de Claira.

Au XVe siècle la ville était fortifiée par une "cellera", qui est une partie du village à l'abri derrière des remparts et qui contenait l'église, le château et surtout le grenier du village. Toujours au XVe siècle, en 1466 exactement fut consacrée la nouvelle église de Millas. Elle venait en remplacement de l'église d'origine romane qui fut alors partiellement détruite.

Le début du XVIIe siècle vit le conflit entre la France et l'Espagne s'amplifier. La France attaque son voisin et conquiert peu à peu toutes les places fortes du Nord du Roussillon : La Salveterra, Tautavel. Vint ensuite le tour de Força-Réal, qui était juste à proximité, avant que tout le Roussillon ne tombe. Ceci entraînera la signature du traité des Pyrénées en 1659 qui établit la frontière définitive entre les deux pays, celle que nous connaissons aujourd'hui.

En 1719 Millas obtient le statut de marquisat, mais à cette époque ce titre n'avait plus du tout la même portée qu'aux premiers temps de la féodalité. La mairie est installée depuis 1936 dans une ancienne maison typique du XVIIIe.

Photos


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Informations

Latitude : 42.69144653 N,

Longitude : 2.696640027 E

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Patrimoine

L'église

L'église de Millas est dédiée à Ste Eulalie, c'est une construction du XVe siècle classée aux Monuments Historiques. Elle possède des éléments de l'église initiale, romane : le clocher et le portail méridional. Ce dernier fut déplacé en 1877, il était initialement sur le mur occidental. Il n'a pas de linteau, mais deux voussures agrémentent un peu le tympan lisse fait en marbre blanc. La clef de voûte est gravée d'un symbole royal, il rappelle probablement les privilèges octroyés aux habitants par le futur Jacques II de Majorque, fils de Jacques 1er le conquérant en 1272. Quand au clocher, il s'agit d'une pièce architecturale majeure, daté du XIIe siècle. Il mesure 27m par 6m50 par 5m30, il est sur deux niveaux d'arcatures et de lésènes surmontant un rez-de-chaussée aveugle.

A l'intérieur, les voûte sont du XIXe siècle. L'église possède un important mobilier : une tribune peinte de 1445, deux bénitiers dans 2 coquillages, une cloche de 1715 et plusieurs retables : Celui du maître-autel date de 1645, il a été fait par Trémullas. Il en existe d'autres : St Sébastien (XVIIIe), la Vierge (XIXe), plus quelques éléments disparates du XVIIe, des panneaux (XVe) et une prédelle (XVIIe, elle se trouve dans la sacristie), un Christ du XVIIe, une toile du début XVIIe de St Jean-Baptiste plus de nombreuses autres toiles des XVIIe et XVIIIe siècle. Cette église contient également une croix processionnelle de la fin du XVIIe, un reliquaire pédiculé du XVIe et de l'argenterie du XVIIe et XVIIIe siècle dans la sacristie.

Chapelle de l'hôpital

Comme dans la plupart des villes du Roussillon Millas possédait un hôpital, en réalité un asile de vieillards et mendiants qui accueillait les plus pauvres et les personnes trop âgées et sans famille. Cet hôpital avait bien sûr une chapelle, mais c'est tout ce que j'en sais. Elle contient une pièta datée du XVIIIe siècle.

Chapelle St Génis du Boulès

Cette chapelle est citée en 1294 sous le vocable de Capellanus Sancti Genesii, "Chapelle St Génis". Au XIIIe siècle il s'agissait donc encore d'une chapelle, probablement destinée à réunir les populations éparses vivant sur les rives de la Têt. On la retrouve des années plus tard dans un document daté de 1466 sous le nom de Loco vocato St Genis alias Argiles, "Lieu voué à St Génis, dit Argiles". Par la suite elle a servi d'ermitage. Il semble que la chapelle ait été ruinée au XVIIIe siècle.

Ermitage Notre Dame del Remei

Cet ermitage apparaît dans les textes très tard, en 1678 (Hermita de Nostra Senyora de Remey), ce qui correspond à l'essor de la pratique de l'érémitisme en roussillon. C'est en effet vers la fin du XVIIe siècle que chaque commune voulut son ermite, qu'elle plaça dans les anciens lieux de culte abandonnés (chapelles castrales, églises désaffectées, etc.) A cette occasion la plupart de ces édifices furent d'ailleurs réhabilités.

En 1790 l'ermitage Notre Dame dû fermer ses portes définitivement suite au vote des lois anti-cléricales. Contrairement à certains autres ermitages, celui-ci n'a pas rouvert ses portes durant le XIXe siècle. Peu à peu il tomba en ruine, ce qui est son état actuel.

Ermitage St Martin de la Riba

Avec le même nom qu'un autre ermitage, celui-là à St Féliu d'Avall, St Martin était initialement le siège d'une ancienne paroisse désaffecté rapidement. Cette paroisse était centrée autour d'un château dont St Martin était l'église castrale, château cité en 898. On retrouve dans un document une première trace de l'église en 1121 sous le nom de Ecclesia Sancti Martini de Ripa, puis en 1445 sous celui de Ecclesia ruralis. Une église rurale, à cette époque, était une église quasiment désaffectée, ce qui place l'abandon de la paroisse de St Martin autour du XVe siècle.

Comme bon nombre d'édifices religieux abandonnés, celui-ci revivra à travers un ermitage créé vers la fin du XVIIe siècle. En 1688 une liste d'ermitages nous prouve l'existence de l'Hermita de Sant Marti. Tout comme Notre Dame del Remei, St Martin subira les foudres de la révolution française et disparu. L'édifice est lui aussi en ruine.

Autre patrimoine

Le territoire de Millas possède deux oratoires : L'un est dédié à St Génis, l'autre à St Martin. Et bien sûr, il faut citer l'ermitage de Força-Réal et le château qui lui était antérieur.

Situation et accès

Carte IGN

Etymologie

Je n'ai pas l'explication étymologique du mot "Millas", mais on peut imaginer que ce mot vient du millet, une céréale que l'on devait cultiver de façon abondante sur ce site car on le retrouve sur le blason. Toutefois cette explication est un peu simple, car il s'agit peut être d'une arme parlante, c'est à dire que le millet sur le blason ne sert qu'à faire le rapprochement avec le mot "Millas", sans qu'il y est de rapport. Donc en définitive, je n'en sais rien. Désolé !

Héraldique

Description du blason de Millas

Expression héraldique

d'azur aux deux épis de millet adossés, tigés et feuillus d' argent, au chef- retrait cousu de gueules.

Description

Si l'on en croit l'expression héraldique ci-dessus, le schéma est faux. En effet, il est sensé être "d'azur", c'est à dire "bleu". Les millets sont dits "adossés", c'est à dire qu'ils sont dos-à-dos. Le millet est "tigés" (sur tige), feuillus "d'argent" (correspondant à la couleur blanche). Le "chef" est la partie haute du blason. Il est "en retrait" pour indiquer qu'il ne touche qu'un côté de l'écu. De plus, il est "cousu", c'est à dire que la partie principale et la partie haute se touche, son trait de séparation. Enfin, les mots "de gueules" indiquent le rouge.

Explications

Le blason de Millas est caractérisé par deux touffes de millet, ce qui nous donne l'origine étymologique de la ville. Sur fond noir, elles sont surmontées d'une zone rouge sans que je sache sa signification. Toujours est-il qu'il s'agit d'une arme parlante, c'est à dire qu'en l'observant on connaît à quelle ville elle se rattache.



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