Perpignan




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Description

Perpignan, c'est... une ville du Sud, typiquement catalane. Elle ressemble à tous les villages qui l'entourent, avec des ruelles du centre-ville très étroites, des bâtiments en galets de rivière et en cayroux, des places ombragées par des ormes ou des platanes. Elle est juste plus grande que ces villages, et avec l'urbanisation excessive de ses alentours, elle est devenue, comme beaucoup d'autres, tentaculaire. Ses quartiers périphériques ont perdu leurs âmes, pour peu qu'ils en avaient un, mais le coeur de ville est indéniablement resté authentique.

Perpignan, c'est... une population hétéroclite, faite de différentes cultures, venue pour des raisons variées d'horizons parfois lointain. Au centre-ville les samedis après-midi les jeunes de nos villages croisent les familles en promenade, en route pour une administration quelconque ou à la recherche d'un cadeau original dans l'une des boutiques du centre.

Perpignan, c'est... des quartiers bien définis ayant leurs propres âmes, parfois bien loin de leurs voisins. Perpignan se caractérise aussi par une sectorisation géographique correspondant à une origine culturelle particulière. Il y a un faible taux de brassage et le communautarisme est réel. La preuve, ce sont les clichés que l'on attribue facilement à chaque quartier : St Matthieu, le quartier populaire, St Jacques, le quartier gitan, le Moulin à vent, quartier pieds-noirs, etc. Ces clichés ont toutefois tendance à tomber, émiettés par le temps qui passe et les volontés urbanistiques de la ville.

Perpignan, c'est aussi... le coeur de la catalanité française, une identité n'existant qu'ici, dans ce "petit" territoire formant l'essentiel du département des Pyrénées-orientales et qui n'a de pendant que dans les autres régions de la Catalogne, hispaniques et hispanophones, comme nos voisins du Gerones ou des Valencias. La catalanité française est un dérivé de la culture originale de ce territoire, une culture qui s'est forgée au cours des 700 ans d'indépendance de la Catalogne (897-1635), mais qui s'en est détaché depuis l'annexion du Roussillon et de la Cerdagne à la France, lors du traité des Pyrénées, en 1635. Depuis, la langue française a pris le dessus sur le Catalan qui s'est peu à peu perdu dans les conversations quotidiennes, mais l'on entend encore régulièrement des expressions ou des mots catalans par ici.


Perpignan, une urbanisme lié à son histoire

L'histoire de Perpignan nous a légué une ville à l'extension épisodique. Ainsi, le coeur de la ville initiale, celle du XIIe siècle, est représenté par l'église St Jean le vieux et les blocs de maisons qui y sont accolés. Il y avait même un ancien château féodal mais celui-ci a été détruit. Il n'en reste que des souterrains, actuellement sous le cour Maintenon du centre. Puis, plus tard, une première, puis une seconde rangée de remparts sont venus protéger la ville. Au XIVe siècle un 3e rempart marque une nouvelle extension, lançant encore plus loin l'étendue des habitations. La rue des Remparts marque cette extension.

Puis la ville poursuivit son extension à l'extérieur des remparts, au XVIIe et XVIIIe siècle, avec qu'au XIXe ils ne soient détruits. Le Castillet en est un vestige. Le XXe siècle verra la construction successive des quartiers périphériques se développant parfois dans ces zones géographiquement très éloignées du centre-ville, comme c'est le cas des quartiers de Catalogne ou la ville nouvelle du Moulin à vent.

Si le schéma de développement urbanistique de Perpignan n'est pas originale, il a pour lui sa précision, car c'est bien quartier par quartier que s'est développé cette ville, au contraire d'autres qui ont vu leurs développement se faire par "grignotage" du territoire périphérique. Des cas de grignotage existent bien à Perpignan, mais ils sont terriblement rares.

Depuis la fin du XXe siècle les constructions se font beaucoup plus rares à Perpignan. Quelques nouveaux quartiers apparaissent, comme celui du carré d'or, juste avant le centre commercial de la route de Canet, mais il n'y a plus de grandes réalisations, se sont plutôt des ajouts à des blocs urbanistiques existants qui sont réalisés. Ainsi de nouveaux immeubles apparaissent au Moulin à vent, un petit quartier d'une vingtaine de maisons s'est même construit juste avant Tecnosud, et sur la route de Toulouges quelques nouveaux immeubles tout neuf, mais ça reste relativement anecdotique. En fait, ce sont surtout les villages de la plaine du Roussillon du profitent de l'augmentation rapide de la population des Pyrénées-Orientales : Pia est en train de passer de 8500 à 13500 habitants en quelques années, Canet connait une forte augmentation également, Saleilles, Cabestany, Le Soler sont des villes qui lancent de grandes zones résidentielles régulièrement, etc.


Des quartiers à l'identité forte

Géographiquement les quartiers de Perpignan sont donc parfaitement définis. Hérité de l'histoire, récente ou pas, ils se sont développés avec une mentalité propre à ceux qui l'ont occupé initialement. Il n'y a pas vraiment de cas de transfert de population d'un quartier à l'autre, sauf dans celui, emblématique, de la population du centre-ville qui était, depuis le Moyen-âge et jusqu'au milieu du XXe siècle, une population aisée et qui a laissé la place à une fraction plus populaire, les personnes aisées préférant le confort des villages de la plaine du Roussillon aux immeubles anciens du centre.

Le centre-ville est limité par la Tet au Nord et le parcour de l'ancien rempart démoli au XIXe siècle, il suit les boulevards des Pyrénées, Jean Bourrat, Aristide Briand, etc. Le quartier de la citadelle a une identité propre car il est plus éloigné du centre, de même que la Réal, St Jacques, St Matthieu, Clémenceau. A l'Est, Las Cobas est plutôt populaire avec de grands ensembles d'immeubles, on y loge une des familles avec une forte densité de population. Encore plus à l'Est il y a le quartier du Clos Banet, résidentiel, bâti dans les années 50, puis le Mas Vermeil, quartier chic de Perpignan aux villas arborées.

Au Sud de la Ville on trouve cet étrange ensemble d'immeubles blancs, de grandes hauteurs mais plutôt étroits : C'est le quartier du Moulin à vent, un quartier né dans les années 60 pour loger, entre autre, la population pieds-noirs arrivant d'Algérie. Ces jeunes familles refirent leurs vies à Perpignan, apportant une nouvelle source culturelle se melant à la population locale, et vieillirent sur place. De nos jours ce quartier est toujours largement habité par des personnages âgées, la plupart ayant vécu en Algérie. Il est toutefois mixé avec une population étudiante car la faculté de Perpignan est toute proche, comme le parc des sports d'ailleurs. Le moulin à vent est en train de s'agrandir, des nouveaux immeubles se construisent régulièrement au Sud sur des terrains inutilisés pour l'instant, et ça après des décennies sans modification. A noter que c'est un quartier vivant, il représente une sorte de ville dans la ville. Non seulement il a des limites évidentes, mais en plus il est doté de ses propres commerces, ses promenades, ses parcs, etc.

En poursuivant le tour de Perpignan on tombe ensuite sur les quartiers de St Martin et Mailloles au Sud-Ouest. Il s'agit de zones géographiques très variées où les immeubles d'un bon standing cotoient les HLM populaires de Mailloles. Les rues les plus à l'Est ne sont pas différentes de celles du centre. D'ailleurs la présence des lycées Bon-Secours et Arago en font un quartier dynamique, jeune. C'est aussi un quartier fortement pollué par la circulation automobile.

A l'Ouest de Perpignan on trouve ensuite le quartier St Assiscle, formé de barres d'HLM à taille humaine et de maisons individuelles aux petits jardins coquets. C'est un quartier calme, pour peu que l'on ne soit pas sur les grands axes de communication, si le long de la voie de chemin de fer. La zone de St Assiscle à la forte densité est formée de rues très étroites.

Vient enfin toute la partie Nord de Perpignan, c'est le Vernet. Le Vernet est un ancien village indépendant qui a été fagocyté par Perpignan, il se divise en 3 : Le Bas-Vernet, qui longe la Têt, le Moyen-Vernet, qui est le coeur de l'ancien village, et le Haut-Vernet, tout au Nord. Le haut-Vernet jouxte la grande zone industrielle et artisanale de Perpignan, qui est en fait sur le territoire de sa voisine la ville de Pia.

  • Le Bas-Vernet est essentiellement constitué de maisons du début du XXe siècle, c'est un quartier relativement agréable qui a été désenclavé récemment par la construction d'un passerelle entre ce quartier et le centre-ville. Il y a là-bas de nombreux immeubles résidentiels tout comme quelques quartiers de pavillons individuels, la plupart du temps accolés. A noter que certaines rues sont très calmes.
  • Le Moyen-Vernet est centré sur le carrefour de la patte d'oie, un nom issu de sa forme. C'est là que se trouve l'ancienne église du vieux village du Vernet, ainsi que le monument ayant servi de base à la mesure du mètre-étalon. C'est une bien curieuse histoire à lire ici. Il y a relativement peu d'habitations au Moyen-Vernet par rapport à d'autres quartiers de Perpignan, mais il y a plus d'insfrastructures : Deux collèges et un lycée, un ensemble sportif, l'hôpital de la ville, l'aéroport, etc.
  • Le Haut-Vernet est constitué d'immeubles HLM, il y a très peu d'autres types d'habitation. C'est un quartier enclavé qui vit en autarcie. Depuis quelques années un plan d'action a permis quelques améliorations : Des immeubles ont été refaits, une voie d'accès améliore la circulation et des infrastructures sportives y ont été créées. D'ailleurs c'est ici que se trouve le centre de formation de L'USAP, l'équipe de rugby professionnelle de Perpignan.

Les autres quartiers : Il existe bien sûr bien d'autres quartiers à Perpignan, cette liste est approximative et tente de couvrir toute la surface urbanisée de la ville mais elle est totalement arbitraire. C'est surtout en descendant dans le détail de chaque quartier que l'on va voir des sous-ensembles dont les plus marquants sont au centre-ville. On a parlé de St Matthieu, St Jacques, mais il y a aussi le quartier Clémenceau, La Réal, le secteur des platanes (Boulevard Wilson), St Jean, la quartier de la citadelle, etc. Plus au Sud il y a le quartier de Catalogne et de Tecnosud, à l'Ouest Orle et sa vaste zone industrielle pour les transporteurs, etc.


Les quartiers les plus pauvres sont à coup sûr ceux de St Assiscle, St Jacques, St Matthieu, au Haut-Vernet et les HLM Diaz du Moyen-Vernet. A l'inverse, les quartiers les plus chics sont le Mas Vermeil, les quartiers Wilson et Clémenceau du centre et certaines zones de St Martin. Mais l'on trouve du bon et du moins bon partout.


Ses infrastructures

Gare TGV et aéroport

Les infrastructures de Perpignan semblent être à la hauteur de la population. Il y a probablement de nombreuses choses à critiquer, mais globalement la ville ne semble pas sous-équipées. Les principaux manques concernent des prestations qui ne dépendent pas de la ville : L'arrivée du TGV en vitesse rapide est attendue pour l'annéee... prochaine, c'est à dire toujours plus tard. On a arrêté de compter le nombre de report du projet de construction de la liaison à grande vitesse entre Nîmes et la frontière espagnole depuis des années. Et pourtant, la gare SNCF de Perpignan a bel et bien été construite, avec des commerces, des services qui ont rapidement ouverts, et ont fermés illico-presto. Il faut dire que la gare SNCF est constamment vide, alors forcément, l'idée de faire un nouveau pôle de commerce ici a été voué à l'échec. Depuis sa construction, la gare SNCF est le rendez-vous de tous les courants d'air de la ville, mais c'est à peu près tout.

L'autre prestation manquée, ce sont les liaisons aériennes. L'aéroport de Perpignan (qui est réellement à Rivesaltes a été refait récemment, c'est un bel outil pour améliorer les communications avec les autres régions. Et il est effectivement utilisé à grande échelle par les flots de touristes venant dans la région l'été, ce qui est très appréciable. Mais le manque de liaisons et la concurrence d'autres aéroports régionaux lui porte préjudice. Là aussi ce n'est pas la faute à la ville de Perpignan qui a un bel aéroport mais plutôt de sa situation géographique très éloigné sur le territoire métropolitain.


Collèges, lycées, universités

En ce qui concerne l'éducation des enfants la ville est dotée de plusieurs collèges aux situations variées. De toutes façons ils sont tous relativement saturés, donc ce n'est pas la taille de la population qui fait leurs différences, c'est plutôt leurs situations géographiques. Idem pour les lycées, avec un lycée de centre ville plutôt bien côté (Lycée Arago), un autre ayant perdu son âme (Le Clos Banet, devenu entretemps le lycée Picasso), et quelques autres aux situations diverses. En fait, question lycée, la côte dépend surtout de la filière car au sein même d'un lycée il peut y avoir des réussites complètement différentes.

L'université de Perpignan est située au Sud de la ville, face au quartier du Moulin à vent. Le campus est assez vaste et plutôt agréable, avec de larges espaces verts. Il s'est étendu, ces dernières années, sur la partie Ouest de la ville, et une partie des cours se fait désormais au centre ville, donc au cas où vous souhaitez y suivre des cours, regardez bien où ils sont donnés. L'université possède un "pôle recherche" qui est partiellement déporté à Tecnosud (la zone de haute technologie de Perpignan) et - je crois - au four solaire d'Odeillo, près de Font-Romeu.

Collèges

Albert Camus (Public)

Jeanne d'Arc (Privé)

Joseph Sébastien Pons (Public)

Madame de Sévigné (Public)

Jean Macé (Public)

La Garrigole (Public)

St Louis de Gonzague (Privé)

Jean Moulin (Public)

St Exupéry (Public)

Marcel Pagnol (Public)

Maintenon (Privé)

St Jean (Privé)

Lycées

Ecole Pigier (Privée, technique)

Ecole Rive gauche (Privée, technique)

Charles Blanc (Public, professionnel)

Jean Lurçat (Public, polyvalent et technologique)

Aristide Maillols (Public, polyvalent et technologique)

Pablo Picasso (Public, polyvalent et technologique)

François Arago (Public, polyvalent et technologique)

St Louis de Gonzague (Privé, polyvalent)

Léon Blum (Public, professionnel et technologique)

Moulin à vent (Public, technologique)

Bon-Secours (Privé, général et technologique)

Ecole Maso (Privé, professionnel et technologique)

Marrillac (Privé, technologique)

Université

Arts, Lettres, Langues

Droit, Économie, Gestion

Sciences Humaines et Sociales

Sciences, Technologies, Santé

Photos


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Informations

Latitude : 42.69990833 N,

Longitude : 2.894902778 E

Photos

Situation et accès

Perpignan, préfecture du département des Pyrénées-Orientales, est une ville de 110 000 habitants située au centre de la plaine du Roussillon. Elle se trouve à 10 Kms de la mer, et bien sûr les principaux axes de communication de la région passent par la ville : Nationales, Autoroute, chemins de fer, aéroport, etc. Bientôt le TGV la liera a ses consœurs Barcelone et Montpellier.

Carte IGN

Histoire

Préhistoire et antiquité

L’histoire de Perpignan ne commence pas avant le Xe siècle. En fait la plaine du Roussillon est formée d’une terre acide permettant peu la conservation de restes humains préhistoriques. Seuls quelques vestiges d’animaux ont pu être retrouvés, en particulier sur le site du Serrat d’En Vaquer, au Sud de la ville. Par la suite les celtes ont récupéré le territoire de l’actuel Roussillon (vers -500), puis les romains sont venus conquérir ce territoire (-121). Le but des romains n’étaient pas de faire une conquête militaire mais de s’assurer l’approvisionnement des ressources naturelles de la région, en particulier le fer contenu du Canigou. Les celtes se sont ainsi dissolus dans le peuple romain.

A cette époque, Perpignan en tant que tel n’existait toujours pas, mais on doit citer l’oppidum de Ruscino, situé à l’Est de la ville, qui était le siège de l’administration romaine de la région. On peut donc dire que Ruscino était la capitale de la région, nommée plus tard "Roussillon" en référence à cette ville.

Au fil des années Ruscino se fit disputer le titre de capitale par la ville d’Elne (Illibéris), jusqu’à la chute de Rome et l’invasion pacifique (initialement) des wisigoths en 412. Nous n’avons pas vraiment de trace du passage des wisigoths à Perpignan, bien qu’il faille savoir que, chrétiens, ce sont eux qui ont créé l’évêché d’Elne, et donc redonné le pouvoir local à cette ville. Ruscino fut délaissé, Perpignan n’existait toujours pas.

En 739 les sarrasins envahirent la péninsule ibérique, puis passèrent les Pyrénées et conquirent la moitié de l’actuelle France avant d’être arrêtés à Poitiers par Charles Martel, conformément à ce que l’histoire nous a appris. La conséquence pour le Roussillon fut la fuite des wisigoths qui finirent par se mélanger aux francs, disparaissant peu à peu. La région est alors quasiment vide, il n’y a pas d’habitants. Pépin le Bref, puis Charlemagne tentèrent de la récupérer à plusieurs reprises avant d’y parvenir définitivement en 811. Commence alors l’ère carolingienne et l’apparition des premiers villages tels que nous les connaissons aujourd’hui, et en particulier Perpignan.


Perpignan aux premiers temps

La première mention de Perpignan date de 927, il s’agit de l’acte de vente d’un terrain d’un certain Aton à l’évêque d’Elne Wadale :

     ...de, alio latere in ipso termino de la villa Cabestagnio et le terlio 1atere in ipso termino de villa Perpignano...

En 929, Guisandus et son épouse Genta, vendent à Sisegutus et à son épouse Arcedonia, une vigne sise au territoire de Villa-Gothorum ou Malleoles (aujourd’hui Mailloles, au Sud-Ouest). Elle était sur le chemin qui va du village de Villa Perpiniani à Orle. Enfin en 961, le testament de Raymond, comte de Rouergue et marquis de Gothie, parle de l'alleu de Perpignan.

     ...illo alode de Perpiniani...

qu'il lègue par tiers à l'abbaye de St Pierre de Rodes (actuellement en Espagne), et aux cathédrales de Gérone et Elne. 961 est l’année où Guilabert 1er reçoit le comté du Roussillon en héritage de son père tandis que son frère reçoit celui d’Ampories (Ampourdan, actuellement en Espagne). En 991 Guilabert s’installe à Perpignan, transformant la ville en capitale locale. Il faut savoir qu’à cette époque le Roussillon n’était formé que de la bande littorale et une petite partie de la plaine, le reste appartenant à des comtés plus important : Bésalu, Cerdagne, etc.

Au début du XIe siècle Perpignan devient plus important, sa population s’accroit. On y construit le château comtal, une église et un hôpital, le tout dédié à St Jean. De nos jours l’église est nommé St Jean le Vieux, elle se trouve à côté de la cathédrale, l’hôpital a changé de lieu mais retrouve son nom d’origine (Hôpital St Jean à la place d’Hôpital Joffre), quand au château il n’en reste que quelques salles enterrées situées actuellement sous le cours Maintenon. La consécration de St Jean le Vieux eu lieu le 16 mai 1025 en présence de l’évêque d’Elne Bérenger et du comte Gausfred II, fils de Guilabert 1er. Il semble que cette église n’ai pas été la plus ancienne, près du château une autre église connue sous le nom de Notre Dame du Correc a été localisé.


Octroi de la charte communale

Un évènement important dans la vie des habitants de Perpignan eu lieu en février 1197 lors du passage du comte de Barcelone Pierre II, par ailleurs roi d’Aragon : l’octroi de la charte communale. Il s’agit d’un document reconnaissant le droit de citoyenneté aux habitants de la ville. Concrètement le comte disposait toujours d’un Batlle, sorte de préfet communal, mais il reconnaissait le pouvoir décisionnaire d’une assemblée d’élus dont le rôle principal était de garder, défendre, maintenir et régir le peuple de la ville, tous les biens, meubles et immeubles, ainsi que tous les droits du comte.

Pour la première fois cinq consuls furent nommés : Ermengau Cros, Estève de Vilarasa, Bernat de Solatge, Vidal de Narbona et Jaume Andreu. Par la suite ils furent élus, au rythme d’une élection annuelle aux Calendes de Mars. D’ailleurs le fait que le comte les nomme lors de l’octroi de la charte tant à prouver qu’un droit "de fait" existait déjà, droit exercé par ces personnes et qui étaient reconnues par les habitants comme leurs ambassadeurs. En échange de ces droits octroyés, le comte exigeait que le peuple défende vaillamment tous les droits du comte et des siens, de bonne foi et sans tromperie. Les consuls devaient le jurer sur les quatre Saints Evangiles au nom des perpignanais. Ce droit était limité à la chevauchée à main armée (ce que l’on nomme en Catalogne "mà armada"), qui restait une prérogative du batlle royal.

Il est à signaler que la charte de Perpignan a été octroyée sans contrepartie financière, le roi voulant probablement plus s’attacher à fidéliser ses sujets qu’à récupérer des fonds. Quelques années plus tard, après la défaite de la croisade des Albigeois et la succession de Pierre II par Jacques 1er le Conquérant, ce dernier modifia cette charte. Il faut dire que Perpignan était en plein essor, l’industrie drapière brassait de grandes quantités d’argent, faisant des fortunes. La population s’accrut, les différences de classes aussi. Les consuls ne pouvaient plus représenter tel quel les différents corps de métier.

Cette modification eu lieu en 1262. Elle consista à diviser la population en trois "mains", l’équivalent de trois classes sociales.

  • La Ma Major ("Main majeure") représentait les citoyens honorés, et tous ceux qui pouvaient vivre de leurs rentes : les bourgeois, les négociants aisés, les banquiers. Cette main fournissait les deux premiers consuls.
  • La Mà Mitjana ("Main moyenne") représentait les marchands importants, les drapiers et les tisserands, les légistes, les notaires et les écrivains. Ils étaient représentés par deux autres personnes, les 3e et 4e consuls.
  • La Mà Menor ("Main mineure") représentait des professionnels pratiquant un art mécanique, les artisans, les jardiniers, les petits propriétaires exploitants, les maîtres ouvriers. Le 5e consul était leur représentant.

Lorsque vous passerez devant la mairie de Perpignan, levez les yeux : Juste au dessus du portail en fer forgé, au niveau des drapeaux, 3 mains sortes du mur. Vous avez désormais leurs significations.

Mis à part cette répartition en mains, il n’y eu pas vraiment d’autres changements majeurs : les consuls se firent aider de plus de personnels administratifs, et leurs élections se firent fin juin. Mais ils étaient toujours élus pour 1 an renouvelable. Bien sûr, les luttes des classes a toujours existé. Ainsi chaque corporation tentait de convaincre le comte de Barcelone de procéder à une modification de la charte pour passer dans la main supérieure, mais parfois le comte en décidait l’inverse pour rééquilibrer les mains. Ainsi le 18 août 1449 les "Mercaders" (ceux qui entreprennent) passèrent dans la main moyenne alors que les "Parayres" (drapiers) passèrent dans la main mineure, ce qui prouve le déclin de l’industrie textile perpignanaise au milieu du XVe siècle.

En 1389 Jean 1er tenta de modifier une nouvelle fois la charte, mais sans succès. Le but était de rééquilibrer un peu mieux les mains en en créant une quatrième main représentant le peuple non encore représenté comme les ouvriers, mais cette évolution fut mise à terre par le docteur Jaume Costa, qui convainquit le roi de ne rien faire.


Le Moyen-âge

Comme bon nombre de villages de la région, Perpignan n’était pas fortifié. Ces fortifications typiquement catalanes apparurent au XIIIe siècle seulement. Durant le Haut Moyen-âge l’organisation de la région était fondée sur les comtés. Peu à peu l'actuel département des Pyrénées-Orientales (Cerdagne, Capcir, Conflent, Fenouillèdes, Haut-Roussillon et Vallespir) relevait de la maison de Cerdagne-Besalù, issue de la même branche que les comtes de Barcelone. Ceux-ci, qui avaient recueillis dès 1111 et 1117 l'héritage de leurs parents et acquis par mariage le royaume d'Aragon en 1150, se virent léguer enfin le comté de Roussillon en 1172, par le testament du comte Gérard II, finalisant l’agglomération de tous les territoires de la Catalogne naissante. Il faut savoir que le titre de comte de Barcelone était déjà héréditaire, et qu’il s’était passé près de 250 ans depuis la naissance de la lignée de Catalogne. Perpignan passa donc du comté du Roussillon petit et faible, à celui de Barcelone, beaucoup plus puissant.

Un évènement majeur eu lieu pour les habitants de Perpignan en 1197 : l'Octroi de la charte communale, par Pierre II.

En 1258 fut signé entre Jacques 1er le Conquérant et St Louis le traité de Corbeil, qui officialisa la frontière entre la France et la Catalogne. Cette frontière marquera définitivement l’appartenance de Perpignan à la maison de Barcelone. Ne pouvant se tourner vers le Nord, Jacques 1er se tourna vers l’Est et lança des conquêtes maritimes que ses descendants poursuivront. Devenant riche, le comté prospéra, Perpignan devient alors une ville encore plus importante. Elle atteint son apogée durant les 68 années (1276-1344) où elle fut la capitale continentale du nouveau royaume de Majorque, institué par Jacques le conquérant pour l'infant Jacques, son fils cadet, et comprenant, outre les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne et la seigneurie de Montpellier.

Durant cette période, Perpignan n'en connut pas moins un essor industriel et commercial important, à la manière des républiques urbaines d'Italie, grâce à son rôle politique, à sa structure consulaire et corporative, à son active population de parayres (pareurs de draps), teinturiers, tanneurs, brodeurs, et à ses ateliers d'orfèvres, peintres et sculpteurs.

Occupée par Louis XI en 1463, Perpignan, qui s'était soulevée contre les français en 1473, fut reprise en 1474 après un siège terrible qui lui valut de se voir décerner par les rois d'Aragon le titre de "Fidelissime ville". La répression fut dure, mais, en 1493, Charles VIII, désireux d'avoir les mains libres en Italie, restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois Catholiques qui, réunissant par leur mariage l'Aragon et la Castille, venaient, par la conquête de Grenade, de réaliser l'unité de l'Espagne.

Cependant, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient entraîner la décadence économique de Perpignan, dotée par Philippe II de puissantes fortifications.


Renaissance

A la suite de la révolte catalane de 1640 au cours de laquelle les catalans, insurgés contre le gouvernement de Madrid, proclamèrent Louis XIII Comte de Barcelone, Perpignan, défendue par une garnison italo-castillane, connut à nouveau un siège mémorable, auquel participèrent en personne Louis XIII et le Cardinal de Richelieu.

Le 9 septembre 1642, les français et leurs alliés catalans entraient dans Perpignan, accueillis avec soulagement par une population affamée et en grande partie hostile à ses maîtres castillans. Mais le traité des Pyrénées, conclu en 1659 et annexant à la France le Roussillon et une partie de la Cerdagne et abandonnant la Catalogne, consacrait l'échec de la révolte barcelonaise et fut durement ressenti par les catalans.


Epoque moderne

Les gigantesques travaux de Vauban devaient faire de Perpignan une cité désormais imprenable, et pourtant il ne reste à peu près rien de son œuvre. Les nécessités de son extension devait faire éclater la ceinture de remparts qui l'enserrait en 1900.

Depuis, la ville neuve s'est considérablement agrandie et comprend une série de belles places et d'avenues ombragées de platanes, de mimosas et de palmiers. Elle garde néanmoins une couleur toute méridionale qui lui donne l'aspect d'une cité de plaisance au séjour agréable et animé.


Organisation consulaire

Le premier maire de Perpignan prit ses fonctions le 19 février 1790, il s'agissait du marquis d'Aguilar. Depuis cette date, 55 personnes différentes se sont succédées à la mairie. Les perpignanais ont dans leurs souvenirs quelques noms, dont les plus connus possèdent une place, une rue ou une avenue célèbre de la ville. C'est le cas de la rue Jean Payra, l'avenue Victor Dalbiez ou du boulevard Félix Mercader.

Périodes Maires
19 février 1790 – 4 décembre 1790 Marquis d’Aguilar
2 janvier 1791 – 16 septembre 1792 Joseph Guiter
16 septembre 1792 – 3 décembre 1792 François Xavier Llucia
3 décembre 1792 – 27 octobre 1793 Bonaventure Vaquer
27 octobre 1793 – 25 janvier 1794 Valérius Parizot
25 janvier 1794 – 7 juillet 1795 Pons–Cantagrill
7 juillet 1795 – 21 octobre 1795 François Roger
21 octobre 1795 – 10 décembre 1804 Jean-Baptiste Duchalmeau
10 décembre 1804 – 29 septembre 1806 François Joseph
29 septembre 1806 – 4 mai 1807 Jean Amanrich
4 mai 1807 – 8 mai 1809 François Joseph
8 mai 1809 – 6 septembre 1809 Jean Amanrich
6 septembre 1809 – 10 juillet 1813 Bernard Arnaud
27 mai 1813 – 4 août 1815 Jean Delhom-Ripoll
4 août 1815 – 28 décembre 1819 Jean Méric
28 décembre 1819 – 28 août 1827 Joseph Baron Després
28 août 1827 – 31 août 1830 André Grosset
31 août 1830 – 7 mars 1831 Eugène Boudon Lacombe de Saint-Michel
8 mars 1831 – 16 novembre 1831 Pancou-Lavigne, Justin Durand, Théodore Guiter, Henri Delcros (maires "concurremment")
16 novembre 1831 – 3 juillet 1835 Alexis Sèbe
3 juillet 1835 – 25 août 1837 Laurent Astruc
25 août 1837 – 20 février 1841 Augustin Pons
20 juin 1841 – 4 septembre 1846 Raymond Guiraud de Saint-Marsal
4 septembre 1846 – 6 mars 1848 André Ribeill
6 mars 1848 – 2 mai 1848 Hippolyte Picas
22 août 1848 – 4 août 1852 Auguste Lloubes
4 août 1852 – 26 juin 1855 Joseph Aragon
26 juin 1855 – 26 février 1862 Étienne Jouy d’Arnaud
26 février 1862 – 6 août 1863 Justin Durand
6 août 1863 – 7 novembre 1868 François Passama
7 novembre 1868 - 11 septembre 1870 Joseph Tournal (fonction de maire)
11 septembre 1870 – 30 janvier 1874 Lazare Escarguel
30 janvier 1874 – 7 juillet 1876 Joseph Tournal
7 juillet 1876 – 16 janvier 1881 Paulin Testory
16 janvier 1881 – 29 décembre 1882 Jean Mercadier
29 décembre 1882 – 20 mai 1888 Alphonse Simon
20 mai 1888 – 9 juillet 1888 César Drogart
19 août 1888 – 17 janvier 1890 Thomas Amadis
16 février 1890 – 15 mai 1892 Elie Delcros
15 mai 1892 – 10 mars 1894 Joseph Galté
28 avril 1894 – 17 mai 1896 Eugène Bardou
17 mai 1896 – 1er mai 1904 Louis Caulas
1er mai 1904 – 13 mai 1907 Eugène Sauvy
25 octobre 1907 – 25 juillet 1910 Edouard Tarrène
25 juillet 1910 – 17 mai 1911 Edmond Benoit
17 mai 1911 – 19 mai 1912 Léon Nérel
19 mai 1912 – 19 mai 1929 Joseph Denis
19 mai 1929 – 19 mai 1935 Victor Dalbiez
19 mai 1935 – 29 mai 1937 Jean Payra
30 juin 1937 – 1er décembre 1940 Laurent Baudru
1er décembre 1940 – 4 mars 1941 Antoine Castillon
4 mars 1941 – 19 août 1944 Ferdinand Coudray
19 août 1944 – 11 mars 1949 Félix Mercader
15 avril 1949 – 20 mars 1959 Félix Depardon
20 mars 1959 – 31 mars 1993 Paul Alduy
Depuis le 16 juin 1993 Jean-Paul Alduy

Etymologie

L'étymologie de Perpignan est expliqué dans la première partie de son histoire.

Héraldique

Description du blason de Perpignan

Expression héraldique

D'or aux quatre pals de gueules à l'écusson en bannière d' azur brochant sur le tout, chargé de Saint Jean Baptiste debout de carnation, auréolé d'or, vêtu d'une tunique en poils de chameau serrée à la taille d'une ceinture de cuir, le tout au naturel, et d'un manteau de pourpre doublé de sinople, tenant de sa dextre une croix haute d'or et sur son bras senestre un agnelet d' argent.

Description

L'expression héraldique du blason de Perpignan est vraiment très précise, d'où sa longueur. Mais elle n'est pas si compliqué que ça. Reprenons-la pour la détailler. Avant tout, le blason est "d'or aux quatre pals de gueules", c'est à dire "jaune à 4 bandes verticales rouges". Il contient en son centre un écusson "en bannière d'azur", c'est à dire représenté sous forme de bannière bleue. Cet écusson est "chargé" (il contient) St Jean-Baptiste de carnation" et "auréolé d'or". "De carnation" signifie "dans sa Sainteté", ce qui s'oppose à "au naturel" (représenté en tant qu'homme) "Auréolé d'or" c'est "avec une auréole jaune". Le manteau de pourpre doublé de sinople doit se lire "manteau de violet doublé de vert". Sa dextre, c'est sa main gauche, sa "senestre", c'est la droite. Enfin, "l'argent", c'est la couleur blanche.

Explications

Le blason de Perpignan représente, comme c'est le cas dans d'autres villes de la région, le saint patron de la ville. Ici, c'est St Jean-Baptiste qui est représenté au naturel avec un agneau et une croix dans les bras. Le dessin ci-dessus est légèrement différent de l'arme réelle de Perpignan, St Jean-Baptiste devrait être non pas directement sur les couleurs jaunes et rouges mais sur un losange bleu, lui-même sur les couleurs catalanes. De plus, il n'y a pas d'évocation de l'eau, en bas de blason, dans sa description héraldique.

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