Pia




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Histoire

Préhistoire

L'histoire de Pia commence assez tard, on retrouve des traces du village dans des documents du XIIIe siècle. Mais le site est intéressant pour les terrasses de la Llabanère, la rivière qui traverse Pia. Ces terrasses se trouvent entre Pia et Rivesaltes, à quelques mètres de hauteur. (Cette zone est à présent construite) On y a retrouvé des pierres taillées datant de -500 000 ans, soit 50 000 ans avant le plus vieux habitants de la grotte de Tautavel. La présence d'hommes préhistoriques sur le lieu est normale, même à cette époque reculée.

Mais commençons la description historique par le texte de Pierre Vidal dans son livre "Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-Orientales". Rassurez vous, il l'a écrit en 1899.

Pia : Ce nom parait être une abréviation du latin "Appia"; mais l'histoire de la période romaine est muette sur cet endroit, qui était peut-être la villa d'un "Appius". Au Moyen-Age, les archevêques de Narbonne étaient seigneurs du lieu. C'est, en effet, un de ces prélats qui fit construire le château (1245-1257). Les habitants de ce village ont eu, pendant longtemps, comme les béotiens en Grèce et les champenois en France, la réputation d'avoir l'esprit obtus et grossier. Les "Pianenchs" étaient devenus un sujet d'amusement, et cependant ils ne sont pas moins intelligents que le reste des Roussillonnais. Le village est gai et coquet, entouré de riches vignobles et de bouquets de verdure qui s'arrosent.

Sous les murs de Pia passe le torrent de la Llabanère qui, en temps d'orage, ramasse les eaux descendues du versant Sud des collines de Peyrestortes.

Ceci étant il faut reconnaître qu'étymologiquement Pia vient bien du nom du propriétaire romain Appius ou Appia qui a fait fructifier son domaine ici. Des restes de mosaïques romaines ont d'ailleurs été trouvé, mais l'on n'a pas pu les conserver.


Moyen-âge

Par la suite donc, le lieu sera abandonné pour revivre durant le Moyen-Age. Après la fuite des sarrasins en 811 devant les troupes de Charlemagne, la région était fortement dépeuplée. Les religieux sont alors venus bâtir des abbayes, l'évêché d'Elne repris une grande importance et l'on construisit un peu partout des chapelles destinées à fidéliser les pionniers francs venus du Nord repeupler la région.

Dans la partie Nord de la plaine, on construisit une chapelle sur le site de Rivesaltes, un autre à Pia et deux autres entre les deux : l'une à Tura (à présent disparue), l'autre à Ortolanes (devenu l'ermitage Notre Dame de la Salut)

La première trace écrite du village de Pia se présente sous la forme de "Villa Apiano" (une "villa", c'était déjà un petit bourg), en 901. Le lieu était une possession des anciens vicomtes de Narbonne Leudivicus et de son épouse Arsinde. La raison pour laquelle ils étaient propriétaires du lieu nous échappe, mais il faut probablement voir là une récompense du roi franc envers un loyal combattant des troupes sarrasines (150 ans plus tôt), récompense passée de mains en mains jusqu'à eux. Toujours est-il qu'en 901, ce couple vend Pia à l'évêque d'Elne Pia. (sauf ses bénéfices, c'est à dire la dîme et les devenus divers, qui seront vendus plus tard, en 925, par leurs enfants).

Pia commencera à prospérer sous la férules de l'évêque d'Elne, en particulier grâce aux nombreux dons du comte du Roussillon Gausfred 1er envers ce haut ecclésiastique. On retrouve une trace de Pia en 991 à travers son église, qui est construite dans ces années là. St Cyr sera l'église des habitants, et il est bon de noter que bien qu'elle ait été reconstruite à deux reprises, l'église de Pia est toujours consacrée à St Cyr.

On retrouve une autre trace de Pia en 1100. Il y est question des habitants du lieu dans des chartes d’affranchissement et des actes de concession d’eau pour l’arrosage des terres.

A partir du XIe siècle apparaît la famille de Pia. Comme c'était souvent le cas, les plus riches habitants d'un lieu tentaient de s'en approprier les droits, ce qu'ils parvenaient parfois à faire. Ainsi peut on imaginer que l'évêque d'Elne vendit à un habitant son village, cet habitant devenant le premier seigneur de Pia. La seigneurie passa de père en fils pendant au moins deux siècles, puis fut léguée à l'évêque de Narbonne, qui la possédait déjà en 1359.

Cette période de prospérité fut en partie dû à l'organisation du village. Comme souvent, le seigneur fit ériger une enceinte fortifiée et un château fut construit (en 1249), l'ensemble étant appelé communément "cellera". Les matériaux étaient classiques : pierres de rivières, galets et briques rouges étaient alternés, le tout noyé dans un mortier. La Cellera contenait ainsi tout ce dont la population avait besoin, de façon autonome : le château pour s'abriter, l'église (car elle était non seulement un lieu de culte, mais aussi un véritable forum, lieu de réunion), les habitations, et les bâtiments contenant l'alimentation, le "grenier à grains" du village. La cellera de Pia avait un plan rectangulaire aux angles très tronquée, on pourrait dire un cercle déformé. Elle était flanquée de tours circulaires dont certaines ont été transformé en habitations. Pia possède toujours quelques pans de murs de la cellera. Lorsque vous êtes au coeur du village, observez les vieux murs : les plus effrités datent de cette lointaine époque.

Passé sous la gouvernance de l'évêque de Narbonne, il est intéressant de constater que Pia était le seul village de tout l'évêché d'Elne à appartenir à ces évêques. On retrouve cette curiosité en 1359 lors du recensement de la population faite par Pierre IV d'Aragon sur les anciennes terres du royaume de Majorque. (Il y avait 155 feux à Pia, soit un peu moins d'un millier d'habitants, ce qui était considérable pour l'époque)

A partir du XIVe siècle les documents nous montre le village sous le nom de Apià. Vu l'importance du village, il fut décidé la construction d'une seconde église, au Sud et surtout à l'extérieur de la cellera : St Michel. On a la preuve de son existence en 1338, elle était située approximativement un peu au Nord de l'actuelle poste. D'ailleurs face à la poste, vous pouvez voir une niche dans laquelle se trouve une statue : C'est celle de St Michel.

Pour en rester avec les édifices religieux, sachez que Pia possédait également un couvent (d'où le nom de la rue "Carrer Clos del Convent" et une léproserie.


Renaissance

Le XVe siècle fut marqué par la première reconstruction de l'église St Cyr (1449). Puis aux XVIe puis XVIIe siècle, la guerre franco-espagnole fit de nombreuses victimes, en particulier lors de l'invasion française de la Salanque entre 1642 et 1646. Des villages complets furent vidés de ses habitants (comme Claira), mais ce ne fut pas le cas de Pia. La signature du traité des Pyrénées, qui scinda la Catalogne en deux, rendit Pia dépendant du roi de France. L'évêque de Narbonne vendit le village à un bourgeois de Perpignan, un certain Bertrand Joli, dont la fille Emerentienne épousa Guillaume d'Oms. C'est ainsi que Pia passa au XVIIIe siècle à la famille d’Oms. La seigneurie passera ensuite dans les mains de la famille Delpas qui la conservera jusqu’à la Révolution.

En 1858, l'église St Cyr et Ste Julitte refit parler d'elle : trop délabrée, elle dû être détruite, puis reconstruite selon les critères de l'époque : d'abord plus grande, la population de Pia ayant fortement augmentée, et surtout de style baroque, alors en vogue. Elle mit quelques années à être reconstruite, repassant au culte en 1879 seulement. De nos jours elle contient cinq retables remarquables du XVIIIe siècle : Ste Germaine, Ste Catherine, St Joseph, St Pierre et le retable de la passion, plus un sixième du XVIIe siècle, consacrée à St Grégoire.

Sur le mur extérieur de l'église, on trouve une étrange pierre gravée (voir les photos). Elle fait référence à la construction du château. Notez que le "7 des calandes de juin 1242", c'est le "26 mai 1242" :

L’an de grâce 1242, et le sept des calandes de juin fut commencée l’œuvre de ce château par Raymond Pierre Icher-Magre, sous l’autorité et l’ordre de Guillaume de la Broue, par la grâce de Dieu, Archer de la Sainte Eglise de Narbonne, qui commit à la surveillance de cette construction Raymond de Monteils, son curé D’alest, Guillaume Doucesi étant bailli.

Précisons enfin que le symbole de Pia est l'âne, et si vous voulez savoir pourquoi, rendez vous dans la partie Légendes.

Photos


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Informations

Latitude : 42.745 N,

Longitude : 2.919166667 E

Photos

Situation et accès

Carte IGN

Evolution de la population


Années Feux Habitants
1358 155
1365-70 135
1378 36
1381 36
1424 36
1470-90 70
1515 70
1643 69
1725-32 165
1740 177
1792 976
1798 1019
1806 1062
1846 1452
1856 1529
1872 1656
1886 1953
1896 1854
1911 1872
1931 1693
1936 1675
1946 1581
1954 1725
1962 1937
1968 2147

De nos jours la population de Pia dépasse les 8000 habitants. On remarque les déficits de naissance dû aux deux guerres mondiales. Quand à la chute démographique du XIVe siècle, elle est probablement plus dû à un problème de statistique, en 1381 il s'agissait d'un décompte de feux royaux uniquement, mais c'est aussi un effet de la peste qui a sévit à la fin du XIVe siècle dans tous les villages du Roussillon.

Etymologie

Les différentes sources que l'on a pour savoir d'où vient cet étrange nom de Pia mènent toutes à un certain Appia ou Appius, un militaire romain ayant fondé un domaine agricole, domaine qui se serait transformé en village à l'époque carolingienne.

Héraldique

Description du blason de Pia

Expression héraldique

Parti : au premier d' argent à la fasce de gueules, au second de sinople plain.

Description

Le blason de Pia pose un problème, sa description héraldique posée ci-dessus ne correspond pas à la représentation qui en est faite usuellement. Reprenons sa description pour mieux comprendre. Ce blason est dit "Parti", c'est à qu'il est scindé en deux dans le sens de la hauteur. On s'attend à avoir une description des deux parties, en commençant par la gauche. "Au premier" introduit la première partie. "D'argent à la fasce de gueules" signifie "blanc à la bande horizontale rouge". Au second de "sinople plain" signifie que la 2e partie est verte (sinople) et qu'il y a rien dessus (plain). Dans la représentation ci-dessus la bande rouge devrait donc n'être que sur la partie blanche.

Explications

Le blason de Pia est assez simple, bicolore blanc-vert à la bande rouge. Dans la représentation que l'on trouve sur les plaques publiques portant le nom des rues, dans la ville, le vert est beaucoup plus sombre, laissant croire que c'est du bleu marine, mais c'est bel et bien du vert. Je n'ai pas d'idée de l'origine de ces couleurs. Toujours est-il qu'elle ont bien été reprises, les clubs sportifs du village sont en vert et rouge.



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