Vingrau




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Description

Plutôt petit, ce village possède un certain charme, essentiellement dû aux décors majestueux de la vallée du Verdouble dans lequel il se trouve. Le village lui-même n'a pas énormément d'intérêts, je le qualifierais de bucolique. Il comblera de joie l'amateur de calme, de soleil et de garrigue désireux de passer un séjour agréable, entouré d'habitants ouverts et sympathiques.

Le village de Vingrau

Le village de Vingrau

Le village de Vingrau n'est pas réputé pour ses activités débordantes. Elles sont plutôt à l'extérieur du village, avec en particulier les fantastiques falaises d'escalade en milieu naturel que tout amateur de ce sport se doit de faire au moins une fois. Le décor est splendide, et d'après les pratiquants ce lieu est techniquement excellent. Vous pourrez également vous régaler à faire quelques randonnées dans le paysage des Corbières, Vingrau est un point de départ idéal pour découvrir cette région.

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Informations

Latitude : 42.84905833 N,

Longitude : 2.779147222 E

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Situation et accès

Vingrau est un village des Corbières, une région du Nord des Pyrénées-Orientales. Il est dans la vallée du Verdouble, un voisin de la ville de Tautavel.

Pour s'y rendre le plus simple est de passer par Rivesaltes. Au départ de Perpignan, monter vers le Nord via la route de Narbonne et sortez au péage Perpignan-Nord. Poursuivez vers Espira-de-l'Agly, et tournez à droite avant d'arriver au village, en direction de Vingrau. La route qui y monte est bien connue des amateurs de cyclotourisme, elle traverse Montpins, une zone résidentielle en plein dans la forêt. Une fois à Vingrau, la route se poursuit dans la vallée vers Tautavel, puis Estagel. Le retour peut se faire par la route de Foix. Sinon au départ de Vingrau il y a une autre route qui part à Tuchan, premier village hors du département.

Carte IGN

Patrimoine

Mis à part l'ancienne église du XIIe siècle, aujourd'hui sans mobilier, Vingrau se distingue pour son église paroissiale actuelle qui est dédiée à Notre Dame de l'Assomption, comme l'ancienne église. Elle contient un retable attribué à Louis Généré, contruit entre 1681 et 1683, le retable du Rosaire de 1719, celui de la Sanch du XVIIIe siècle, ainsi que des statues datant du XVIIe et XVIIIe siècle. Il faut signaler aussi la chapelle Notre Dame du Bon Conseil, datant de 1860. Elle contient une intéressante Vierge à l'enfant. On trouve cette chapelle à l'entrée du village, en arrivant par la route d'Opoul.

Autre élément du patrimoine local, le lavoir est un ancien lieu social de la ville. De nos jours la lavoir a été réhabilité et trône, majestueux, le long d'une route en bordure de la vieille ville.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Le site de Vingrau a été occupé dès l'âge préhistorique. D'ailleurs toutes les Corbières l'ont été, et la présence de la Grotte de Tautavel si proche en est la preuve la plus visible. Près du Rec del Penjat, on a sorti de terre des grattoirs à museau, des burins et des couteaux à dos ainsi que divers autres instruments caractéristiques datés de -40 000 ans.

Un peu plus tard, c'est la grotte des Conques qui nous livre la preuve qu'elle a été habitée par des hommes durant l'ère magdalénienne, puis entre -20 000 et -15 000, c'est toujours à Vingrau, au lieu-dit Les Espassoles qu'on a trouvé des pointes de flèches en pierre. Vers -12 000 (en plein magdalénien), les restes se multiplient. Un peu partout dans la vallée du Verdouble on retrouve des restes d'occupation, et ce phénomène va s'accentuer jusqu'à l'arrivée des Ligures et des Ibères.

Ceux-ci seront les premiers occupants du Roussillon dont on peut dire d'eux qu'ils n'étaient pas préhistoriques. Ils seront délogés par les Celtes vers -500, que l'on appelera plus tard "Gaulois". Nous n'avons pas de traces de l'occupation celte à Vingrau, pas plus d'ailleurs que de celle des romains, colonisateurs de la région en -121. Les romains ont bien modelés le Roussillon, construisant de grands domaines ruraux destinés à produire des denrées alimentaires essentiellement, mais aussi développer l'industrie, celle du fer en est un exemple. Ils seront envahis par les wisigoths, en 408, qui s'installeront un peu partout dans les infrastructures construites par les romains. On a une trace des wisigoths à Tautavel, mais pas à Vingrau malheureusement.

Puis les sarrasins récupérèrent le territoire wisigothique en 735, qui sera occupé définitivement par Charlemagne en 811. C'est à partir de cette date que commence l'histoire de Vingrau en tant que village, ainsi que de la plupart des villages catalans d'ailleurs.


L'origine du village

Il est difficile de trouver des traces des premiers temps de Vingrau. En fait il ne faut pas chercher du côté des documents historiques mais de l'architecture, puisque l'église initiale du village est typique du début du XIIe siècle, une époque où la paix relative de la région permettait la transformation des églises primitives contemporaines de Charlemagne en églises romanes, celles là même que l'histoire nous a souvent léguées. Nous pouvons donc affirmer que le village était déjà peuplé au XIIe siècle, et suffisamment pour qu'il ai été nécessaire d'agrandir l'église. Cette église est dédiée à Notre Dame de l'Assomption, elle est a présent abandonnée. Elle a été remanié au XVIIIe siècle, et son mobilier a été transféré à l'église moderne.

Vingrau fut ensuite une propriété de l'abbaye de Fontfroide (un Fief), actuellement dans le département de l'Aude. Des documents nous apportent la preuve de cette possession entre 1260 et 1512, c'est à dire toute la période du Moyen-âge. Il faut savoir qu'en 1258, soit deux ans avant la récupération de Vingrau par l'abbaye, fut signé le traité de Corbeil par lequel Jacques 1er de Majorque et Saint Louis, roi de France, établissait la frontière entre leurs deux pays. Vingrau était situé juste à la frontière, entre deux places fortes du roi d'Aragon Jacques 1er : le château de Tautavel et la Salveterra (château d'Opoul)

L'évènement majeur suivant s'est déroulé en 1639. Nous sommes alors en pleine guerre de 30 ans, la France a attaqué l'Espagne. Evidemment la première conquête a lieu dans la vallée du Verdouble, à la frontière. La chute du village se produira le 18 juin, soit 8 jours après la forteresse de la Salveterra, à Opoul. Ca permet de savoir que les français avançaient prudemment. Passé définitivement sous autorité française après le traité des Pyrénées (1659), elle ne subira pas vraiment de grands dommages par la suite : la révolution française n'a pas vraiment eu d'impact sur le village, et ce dernier était trop éloigné du front de la guerre franco-espagnole de 1793 pour être inquiété.

Etymologie

L'origine du nom de Vingrau se trouve dans l'expression latine "viginti gradi", les vingt grades (traduisez les vingt marches). En effet, le chemin menant au village passe par ce que l'on appelle toujours "le pas de l'échelle", qui était constitué à l'époque romaine d'une voie pavée sur laquelle étaient construites ces marches. Peu à peu, le nom s'est transformé en "Pas de Vingrad", "Pas de vingt graus", puis "Vingrau".

Héraldique

Description du blason de Vinça

Expression héraldique

De gueules au demi-vol abaissé d' or, au chef du même chargé de quatre pals du champ.

Description

Reprenons l'expression héraldique pour la décortiquer.

"Gueule" et le nom de la couleur rouge en héraldisme. Le "demi-vol" désigne une aile d'oiseau. Bien sûr, un "Vol" est une paire d'ailes, mais ce n'est pas le cas ici. "Abaissé" est utilisé pour indiquer que l'aile est orienté vers le bas. Ce demi-vol est aussi qualifié "d'or", ce qui indique la couleur jaune. "Au chef" désigne la partie haute du blason. Notez l'utilisation de l'expression "du même", qui signifie "de la même couleur que ce qui a été exprimé précédemment", c'est à dire jaune. le mot "Chargé" précise que ce qui suit concerne "le chef", donc le sommet du blason. les "pals" sont le nom héraldique des bandes verticales. Enfin, "du champ" se rapporte à la partie centrale du blason, ici en rouge. Donc, on peux lire l'expression héraldique ainsi : "Blason rouge contenant une aile jaune pointant vers le bas. Le haut du blason est jaune barré de 4 bandes verticales rouges".

Explications

Pourquoi un tel blason ? Tout simplement parce que le blason joue le rôle d'identification, il doit permettre de reconnaître un lieu de façon claire. Aussi nos ancêtres n'hésitaient pas à représenter sur leurs blasons des éléments n'ayant rien à voir avec le lieu en question, mais qui permettait son identification : Quoi de mieux qu'une "Aile" pour désigner "Alénya" ? ("Ala", en catalan) On parle dans ce cas "d'armoirie parlante", c'est à dire qu'un rébus, ou un jeu de mot, identifie un lieu de façon phonétique.

Ce blason se retrouve sur la pierre funéraire de Bernard Bonet (mort en 1271), de Perpignan. Elle était encastrée sur la façade Sud de l'église St-Jean-le-Vieux. Il faut savoir que ce personnage était le frère de Pons d'Alénya. D'ailleurs, on retrouve 150 ans plus tard, durant le XIVe siècle, un certain Pons Bonet qui appose ces mêmes armes. Il se retrouve aussi sur un écu en marbre qui orne le patio de l'hôtel Vila, 11 rue de la Révolution, à Perpignan. Il provient très probablement du cloître St Jean qui lui est attenant. Et de façon plus pratique, ce blason se trouve sur les plaques de rue dans le vieux village.



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